RMC

"On m'a dit que si je ne venais pas, j'allais avoir un rapport et une perte de salaire": à Nice, des soignants du CHU enjoints à revenir travailler

-

- - -

Après une hausse des cas de Covid, à Nice, certains soignants sont rappelés de vacances par manque de personnel

Quatre mois après la première vague COVID, les soignants du CHU de Nice regrettent toujours le manque de moyens humains et matériels. Ils reprochent aussi à présent à la direction son manque d’anticipation et d’organisation pour gérer cette deuxième vague. Rien n’a été fait depuis cet été dénonce la CGT et ça se constate au quotidien. Depuis vendredi dernier, infirmiers, aides-soignants et médecins sont appelés à domicile et avec une certaine pression pour venir renforcer les équipes. 

C'est le cas d'une aide-soignante appelée dans l’après-midi pour venir travailler le lendemain.

Sans possibilité de refuser: "J'ai dit qu'à cause des enfants j'e n'avais pas le temps de m'organiser. J'ai dit que j'étais d'accord pour revenir mais peut-être plus tard. On m'a demandé si je savais à qui je m'adressais et que si je ne venais pas j'allais avoir un rapport et une perte de salaire. Ça prend toute notre vite, je suis en train de me demander si je ne vais pas me ré-orienter".

"On s'est organisés en tenant compte des contraintes des uns et des autres"

Un manque de considération ressenti par beaucoup de soignants, selon Laurent Gleizes, responsable CGT de l’Hôpital de l’Archet: "Les gens sont épuisés. Il y en a qui n'ont pas pris de vacances depuis le mois de mars. Il y a des personnels qui ont été rappelés sur leurs congés. Sur les 274 personnels qui se sont déplacés sur la première vague. Tous ont été rappelés et il y a un tiers seulement qui a bien voulu revenir".

Des chiffres contestés par Karine Hamela, elle dirige les ressources humaines du CHU de Nice. Difficile de prendre en charge des patients covid sans mobiliser davantage le personnel:

"Ils parlent de pression et je peux le comprendre mais une mesure de cette nature forcément cela suppose de la ré-organisation à titre individuel donc on s'est organisés en tenant compte autant que possible des contraintes des uns et des autres. Tout la complexité de l'exercice consiste à trouver le bon équilibre".

Cette directrice affirme avoir déjà recruté 100 professionnels de plus depuis la crise du coronavirus.

Kelly Vargin (avec Guillaume Dussourt)