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"On ne sert plus la main, on ne fait plus la bise": les Français coincés à Wuhan racontent la situation sur place

Le bilan de l'épidémie de pneumonie virale s'est alourdi à 170 morts jeudi en Chine après un bond sans précédent du nombre quotidien de décès. Les Français sur place à Wuhan s'inquiètent mais tentent de ne pas céder à la panique.

Un cinquième cas de contamination par le coronavirus a été détecté mercredi en France. Il s'agit de la fille du 4e patient, un touriste chinois lui-même dans un état grave.

En parallèle un premier avion s'est envolé mercredi soir avec une équipe médicale de 20 personnes pour rapatrier 200 Français de Wuhan, la ville chinoise d'où s'est propagée l'épidémie. La Chine, ou sont désormais recensés 7.000 malades et 169 morts.

"On évite de tomber malade, ne serait-ce qu'un rhume, sinon..."

Sur place, à Wuhan, les habitants témoignent, la prudence demeure mais personne ne cède à la panique. Comme ce Français retenu à Wuhan qui nous raconte son quotidien. Charles est venu rendre visite à sa belle-famille à Wuhan, détaille, à travers son masque respiratoire ses nouvelles habitudes pour échapper au virus.

"On ne se sert plus la main, on ne se fait plus la bise. On achète du détergent anti-bactérien pour la lessive. On fait le maximum de choses pour ne pas s'exposer."

Il ne sort que très rarement à l'extérieur, et n'a qu'une crainte:

"On évite de tomber malade, ne serait-ce qu'un rhume, car ce pourrait être extrêmement difficile de se faire soigner sur place étant donné que les hôpitaux sont plein de personnes contaminées."

"Maintenant, on est beaucoup plus attentifs"

Des précautions extrêmes, suivies par tous. Wang est taxi, dans une province voisine de celle de Wuhan, il circule sur des autoroutes quasi-désertes, mais ça ne l'affole pas.

"Maintenant, on est beaucoup plus attentifs. Le gouvernement fait de notre sécurité sa priorité. Les mesures de protection qu'ils ont prises sont très adaptées", selon lui.

L'OMS convoque ce jeudi une nouvelle réunion d'urgence sur cette épidémie.

Alfred Aurenche et Nicolas Ropert (avec J.A.)