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"On va travailler la peur au ventre": situation tendue dans les Ehpad

Le gouvernement a promis la semaine dernière une vaste opération de dépistage du Covid-19 dans les Ehpad où la situation reste inquiétante pour résidents et soignants.

D’après le dernier bilan, 5.140 résidents des Ehpad et des établissements médico-sociaux sont morts du Covid-19 depuis le 1er mars. Le ministre de la santé Olivier Véran a promis il y a une semaine une ”vaste opération de dépistage” va être lancée dans les Ehpad.

Résidents comme soignants vont donc être testés dès l’apparition du premier cas confirmé de malades dans un établissement. Dans le Haut-Rhin, un des départements les plus touchés, ça commencera mardi dans les Ehpad, a annoncé dimanche la présidente du département.

Objectif avec cette mesure, regrouper les malades pour les confiner ensemble dans une partie de la maison de retraite et ainsi limiter la propagation du virus.

"On va travailler la peur au ventre"

Mais pour l’instant ces tests généralisés sont encore loin d’être la norme. L'inquiétude règne dans l’Ehpad de Marie. L’établissement bourguignon dans lequel cette aide-soignante travail était jusque là épargné. Mais dimanche matin, un résident est mort. Aucun test n’a été réalisé, ce qui inquiète la jeune femme.

"On est dans le doute pour les résidents, pour nos familles. Il est mort avec les signes: fatigue, difficultés respiratoires... On ne sait pas s'il est positif donc on va travailler la peur au ventre."

La peur que le coronavirus ne se répande comme dans un Ehpad de Montbrison dans la Loire. 20 personnes seraient mortes du Covid-19 selon le maire Christophe Bazile. Il demande que les tests arrivent en urgence.

"Il faut tester tout le monde dans un minimum de temps. De façon à pouvoir mettre en place tout de suite des mesures nécessaires. Avec tout ce qu'on sait sur le virus on court à catastrophe"

Mais tester personnels et résidents va prendre du temps, selon Pascal Champvert, président de l’Association des Directeurs au service des Personnes Agées.

"Il y a 700.000 personnes âgées en établissement et 350.000 salariés. Et malheureusement, on voit bien que là encore on va avoir du retard."

Environ un tiers des victimes du coronavirus sont décédés dans des Ehpad.

Martin Juret (avec J.A.)