RMC

Pollution de l'air à Lille: "je pense déménager parce que ce n'est plus vivable"

Alors que depuis une semaine la région des Hauts-de-France est confrontée à un fort épisode de pollution, de plus en plus de voix s'élèvent à Lille pour dénoncer le manque de mesures d'urgence prises par les autorités.

Le Nord est-il le grand oublié de la lutte anti-pollution? C'est en tout cas ce que dénonce Sandrine Rousseau, secrétaire nationale adjointe EELV, qui accuse les autorités, et notamment la préfecture et donc l'Etat, de ne pas prendre les mesures d'urgence nécessaire. Elle s'étonne notamment que la ville de Lille ne mette pas en place la circulation alternée ou différenciée, comme c'est le cas à Paris, à Grenoble ou à Lyon.

"Dans ces villes, on a réussi à mettre en place un système de vignettes ou de restriction de circulation, via la circulation alternée. Nous, on n'a rien de tout ça. Les pouvoirs publics font preuve d'une passivité coupable face à ce pic de pollution d'une ampleur incroyable", alarme-t-elle. Pourtant, depuis une semaine, à chaque fois que Boris sort de chez lui, il ressent instantanément que l'air est chargé de particules fines.

"Je suis une victime directe"

"J'ai les bronches qui brûlent, des picotements, des irritations. Je suis essoufflé. Je respire mal. C'est comme si j'avais une bronchite perpétuelle alors que je ne suis pas malade, témoigne-t-il. C'est une réaction allergique à la pollution de l'air. Je suis obligé de prendre des sprays à la cortisone et à la Ventoline à longueur de journée sinon je ne respire pas. Donc, oui, je suis une victime directe".

Très en colère, Boris en veut au préfet du Nord, l'autorité compétente pour prendre des mesures d'urgence. "Le préfet ne fait rien, déplore-t-il. Il n'a jamais mis en place la circulation alternée à Lille. En gros, tout le monde s'en fiche". Et d'ajouter, radical: "Je pense déménager parce que ce n'est plus vivable. J'en ai marre". Pour l'heure, pour seule mesure, la préfecture a décidé d'abaisser de 20km/h la vitesse autorisée sur les routes. Mais elle n'envisage toujours ni gratuité des transports en commun, ni circulation alternée.

M.R avec Marie Régnier