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Pourquoi ce vaccin né en France sera réservé en priorité... aux Anglais

LOUIS VA PLUS LOIN - Emmanuel Macron a promis mardi soir que tous les adultes français pourraient se faire vacciner avant la fin de l’été. Mais la question reste épineuse.

Un vaccin né en France, mais qui sera livré en priorité aux Anglais. Après le retard de Sanofi et l’abandon de l’institut Pasteur, c’est un nouveau revers pour la recherche française, le revers Valneva.

Valneva, c’est une startup nantaise qui développe l’un des 63 vaccins testés en ce moment même sur des humains. Sa particularité: il utilise un virus inactivé: on vous injecte des coronavirus qui ne peuvent plus se reproduire, dans le but de provoquer une réponse immunitaire. Une technologie plus classique que celle de l’ARN Messager, choisie par Mderna et Pfizer.

150 volontaires participent à un premier essai clinique et, si les résultats sont concluants, un autre sera mené à beaucoup à plus grande échelle. Le laboratoire pourra ensuite déposer une autorisation de mise sur le marché. Le feu vert est espéré pour l’automne prochain, mais il faudra livrer le Royaume-Uni avant la France. Le vaccin Valneva ne serait disponible pour nous qu’en janvier 2022.

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Pourquoi le Royaume-Uni sera-t-il prioritaire?

Parce qu’il y a cru dès le début, et pas nous. Le gouvernement britannique a financé directement la recherche de ce vaccin, en pré commandant très tôt 100 millions de doses, avec des options pour monter jusqu’à 190 millions, le coût total tutoie le milliard et demi d’euros. Cela a permis à Valneva de recruter 300 personnes et de lancer les premiers essais.

Et que faisait la France pendant ce temps-là ? Pas grand-chose. Le ministère de l’Economie dit avoir discuté avec la startup en mai sans qu’elle ne donne suite. Deux raisons structurelles ont pesé lourd : le manque d’investissement dans la recherche, les crédits ont diminué de 28% en dix ans, et l’absence de site de production alors que le Royaume-Uni peut s’appuyer sur une usine en Ecosse.

Quant à l’Europe, elle a attendu longtemps pour commander peu: un premier contrat a été signé au mois de janvier, il porte sur 60 millions de doses. 

Louis Amar