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Pourquoi les ambulanciers ont-ils organisé une opération "coup de poing" à Paris?

Les ambulanciers se sont rassemblés lundi matin pour protester contre l'article 80 de la loi de financement de la sécurité sociale qui met en péril les petites structures.

Les ambulanciers sont inquiets et le font entendre. Une importante manifestation a eu lieu tôt lundi matin dans le secteur de la Porte de la Villette à Paris, paralysant de fait une grande partie du périphérique parisien.

Ils sont venus pour protester contre l’article 80 de la loi de financement de la sécurité sociale. 

Alors que jusqu’à présent les ambulanciers privés travaillaient directement avec la Caisse primaire d’assurance maladie qui les rémunérait et que les patients avaient le choix du transport sanitaire, ce n’est plus le cas depuis le 1er octobre. 

Ce sont désormais, directement les hôpitaux et cliniques qui signent les contrats avec les ambulanciers et qui les rémunèrent. Un changement qui pourrait favoriser les grands groupes, qui cassent les prix et déréglementent les bases des remboursements, au détriment des petits artisans, qui ne peuvent pas les concurrencer. Et pour les patients qui aimaient choisir leur ambulance, cela ne sera plus réellement possible.

Les petites structures en danger

C’est notamment le cas de Simone. Depuis deux ans et demi, c’est Paul, un ambulancier qui vient la chercher quatre fois par semaine pour l’emmener à l’hôpital passer ses examens.

"Ils sont venus me voir à l'hôpital quand j'étais hospitalisée, comme des amis, alors je ne veux pas les perdre", explique-t-elle. 

Pour Paul, dirigeant des ambulances du SAHEL, c’est un crève-cœur de devoir "lâcher leurs patients".

Mais c’est surtout pour les petites structures que cette loi change la donne. Pour certaines, impossible de rivaliser avec les grands groupes qui proposent des prix au rabais.

"Ça fait 10 mois que je suis à fond, au taquet, 15 heures par jour, pour essayer de sauver cette société. On ne peut pas faire des rabais, vous vous rendez compte, ce n'est pas faisable", explique Sandrine qui travaille seule avec son fils qui craint de devoir fermer sa société.
Alice Froussard (Avec G.D)