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Reconfinement à Mayotte: "C'était devenu inéluctable", explique la directrice de l'ARS de l'archipel

Trois communes étaient déjà confinées depuis le 1er février en raison d'un taux d'incidence relativement élevé.

Dès ce vendredi 18h, Mayotte rebasculera dans le confinement pour une période d’au moins trois semaines. Les écoles vont aussi fermer en raison du nombre de cas importants détectés chez les jeunes. Cette mesure a été prise pour tenter d'endiguer la progression du Covid dans l'archipel, où les variants sud-africain et britannique ont tous les deux été détectés.

“Ca fait plusieurs semaines qu’on se posait la question parce que depuis le retour des vacances de l’été austral, on voyait augmenter progressivement le nombre de cas. Nous avons commencé à détecter du variant sud-africain à Mayotte en provenance de l’archipel des Comores. Nous avons aussi constaté que la circulation du virus qui concernait en priorité quelques communes sur le département, s’est mise à toucher de plus en plus de communes et à se diffuser très rapidement. Donc c’est devenu inéluctable en effet, après une phase de couvre-feu qui ne s’est pas révélé suffisamment efficace pour réduire la transmission virale”, explique au micro de RMC Dominique Voynet, directrice agence régionale de santé de Mayotte.

Un engorgement de l'hôpital

En un mois, le taux d'incidence sur l'Île a été multiplié par 8. Il est passé de 50 à 415 cas pour 100.000 habitants avec un taux de positivité de 17%. Selon la directrice de l’ARS, ça peut s’expliquer par le fait que les gestes barrières sont difficiles à respecter.

“Beaucoup de gens vivent dans des habitations précaires avec parfois plusieurs générations sous le même toit. Donc l’intensité des contacts n’a rien à voir avec ce qu’on peut connaître en métropole”, assure-t-elle.

Selon elle, le confinement doit permettre de casser la circulation du virus pour préserver le bon fonctionnement de l’hôpital.

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“Jeudi soir, il y avait une vingtaine de patients qui attendaient dans les couloirs du centre hospitalier, aux urgences, d’avoir un lit. Le manque moyen à l’hôpital c’est dû à l’isolement de l’île. Mais la vérité, c’est qu’on doit fermer le robinet si on veut que les efforts à l’hôpital puissent porter leurs fruits”, indique-t-il.

Guillaume Descours