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Ségur de la Santé: à Toulouse, les soignants défilent, dénonçant le manque de moyen et de personnel

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Les soignants dénonce un Premier ministre déconnecté de la réalité, alors qu'ils enchaînent cadences infernales en raison du manque de personnel.

A Toulouse, les personnels soignants manifestent (par petits groupes de 10 pour respecter les règles de distanciation) ce mardi à 14h devant les hôpitaux publics de la ville, pour demander des meilleurs salaires et des embauches pour renforcer les équipes.

Marie travaille à l’hôpital depuis 22 ans. Les journées de cette infirmière expérimentée dépassent largement le temps de travail prévu dans son établissement : "Cela déborde au-delà des 7h42 ! Le temps de finir son travail, de passer la relève à sa collègue. Le nombre de patient fait que la relève est plus longue que le temps que l’on nous donne pour la faire. Et puis, pendant le travail, c’est un stress permanent ! Donc on fait au mieux pour le patient, mais souvent trop vite ! C’est insupportable de savoir qu’on va trop vite, alors qu’on pourrait faire mieux", déplore-t-elle.

Besoin de 1500 agents dans les hôpitaux publics de la vile

Selon Pauline Salingue, représentante du Comité d’hygiène et de sécurité du CHU, "lorsque le Premier ministre dit que la question du temps de travail à l’hôpital n’est pas un tabou, il est déconnecté de la réalité".

"Pour beaucoup de personnels, ils atteignent leurs obligations annuelles de temps de travail de 1600 heures au mois de septembre ou au mois d’octobre. Au CHU de Toulouse, nous avons eu le cas avec les brancardiers, avec le personnel de néo-natologie ! Alors comment voulez-vous faire travailler encore plus ces agents alors qu’ils sont censés avoir fini leur année en octobre ?", interroge-t-elle.

Et selon Pauline Salingue, pour soulager des soignants épuisés, il faudrait recruter 1500 agents dans les hôpitaux publics toulousains.

Jean-Wilfrid Forquès (avec G.D.)