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"Surtout, ne pas arrêter brutalement la cortisone": les médicaments qu'il faut prendre et ne pas prendre en cas de symptômes du coronavirus

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a prévenu les Français: évitez les anti-inflammatoires et la cortisone en cas de fièvre ou de symptôme grippal. Mais ces recommandations ne s'applique pas à tous. Les explications du Pr. Francis Berenbaum, médecin rhumatologue, chef du service de rhumatologie à l'hôpital Saint-Antoine à Paris.

"La prise d'anti-inflammatoires, pourrait être un facteur d'aggravation de l'infection": telle est la crainte émise par le ministre de la Santé, Olivier Véran, il y a quelques jours.

Une recommandation à éviter ces médicaments, à laquelle s'associe le Pr. Francis Berenbaum, médecin rhumatologue, chef du service de rhumatologie à l'hôpital Saint-Antoine à Paris et invité de la matinale de Jean-Jacques Bourdin ce mardi: "Quand on est sous anti-inflammatoires et qu’on attrape le coronavirus, on développe des formes plus sévères. On parle bien des anti-inflammatoires non stéroïdiens".

"Regardez bien la boîte de médicaments que vous avez acheté en pharmacie ces derniers jours"

Cette famille d’anti-inflammatoires concerne des marques comme l’Advil, le Nurofène ou encore l’Ibuprofène dans sa forme générique: "L’Ibuprofène est en vente libre dans les pharmacies. Quand on fait de la fièvre, avec un syndrome grippal, il faut l’arrêter. Regardez bien la boîte de médicaments que vous avez acheté en pharmacie ces derniers jours ou dernières semaines et si vous voyez 'Ibuprofène', il faut l’arrêter", alerte le professeur.

Privilégiez donc le paracétamol: "Jusqu’à 3 grammes par jour. A moins bien sûr d’y être allergique ou d’avoir un problème de foie".

Mais le Pr. Berenbaum fait quelques exceptions. Notamment pour les patients déjà sous traitement: "Si vous prenez des anti-inflammatoires en cas de rhumatisme inflammatoire comme la spondylarthrite, dans ces cas là, je conseille de le poursuivre. En cas de maux de dos ou de rhumatismes, je conseille d’essayer le paracétamol et s’il est aussi efficace c’est bien si non, il y a plus de bénéfices à continuer les anti-inflammatoires plutôt que de risque d'arrêter de les prendre. Tout ça, uniquement quand on n’a pas de symptôme".

"Le fait d’arrêter brutalement ce traitement, peut entraîner des faiblesses considérables"

La cortisone aussi a été citée par le ministre de la Santé comme un médicament à éviter en cas de symptômes. Mais pour le docteur Berenbaum, c’est un médicament qu’on ne peut pas arrêter brutalement si on est atteint de pathologies qui nécessites ce traitement. 

"Quand on est sous cortisone, il ne faut surtout pas l’arrêter. Le fait d’arrêter brutalement ce traitement, peut entraîner des faiblesses considérables, des fragilités et des maladies (…) Même si on fait de la fièvre ou un syndrome grippal, on ne prend pas seul la décision de l’arrêter brutalement. On appelle son médecin et on voit avec lui comment adapter son traitement avec la maladie".
Bourdin Direct (avec C.P.)