RMC

Toutes vos données de santé stockées dans un "coffre fort virtuel": à quoi sert le nouveau DMP?

Le nouveau "carnet de santé numérique" est lancé officiellement ce mardi par la ministre de la Santé Agnès Buzyn sous la forme d'un "dossier médical personnel". Mais comment ça marche?

15 ans après, le voilà. Lancé par Philippe Douste-Blazy, alors ministre de la Santé, le "carnet de santé numérique" voit le jour officiellement ce mardi, lancé par Agnès Buzyn. Son nom: DMP pour "Dossier médical personnalisé".

Un dispositif gratuit, mais pas obligatoire: vous pouvez le créer vous-même, en ligne, ou demander à votre médecin ou votre pharmacien de le faire pour vous. Une manière de centraliser toutes ses informations de santé au même endroit. 

Concrètement comment cela va fonctionner: toutes vos informations médicales pourront être consignées dans ce nouveau carnet de santé électronique (les traitements que vous prenez, vos résultats d'examen, vos antécédents).

A chaque consultation, les professionnels de santé pourront accéder à ce dossier médical numérique, uniquement avec votre accord. Ils pourront aussi l'alimenter.

Le gouvernement estime qu'ainsi, le suivi du parcours de soins sera facilité, notamment en cas d'urgence. Comme Sylvie, une patiente toulousaine qui en a fait le test durant plusieurs mois: "Il suffit que demain je me retrouve aux urgences, quelque soit la ville et que je perde connaissance, on sait très bien que je suis sous Levothyrox". Dès que je présente ma carte, on sait les traitements que j'ai, les examens que j'ai fait. C'est sécurisant". 

Question autour des données personnelles

Une première étape d'expérimentation de 18 mois a été menée dans 9 départements. Elle a permis de créer 550.000 DMP entre décembre 2016 et mai 2018, ce qui porte à 1.2 millions le nombre de DMP crées au total.

Plusieurs obstacles demeurent malgré tout: les médecins joueront-ils le jeu? La procédure leur prendra du temps... et il ne sont pas obligés de le faire. Autre question: comment garantir la sécurité de toutes ces informations personnelles? Une filiale d'un groupe français hébergera les données avec une lourde responsabilité: garantir le secret médical de millions de Français.

Avec la généralisation, le gouvernement vise 40 millions de carnets de santé électronique en 5 ans. 

Martin Cadoret et Xavier Allain