RMC

Traçage des malades du Covid-19: "Les médecins généralistes n'ont pas envie de se transformer en détectives"

Leur objectif sera de casser les chaînes de contamination en identifiant, les personnes qui auront été en contact avec un malade. Les médecin transmettront les informations à l'Assurance maladie.

Après le déconfinement, le gouvernement veut déployer des "brigades sanitaires" pour identifier les personnes atteintes par le coronavirus et toutes les personnes entrées en contact avec elles. Et les médecins de ville seront en première ligne pour signaler les patients contaminés auprès de ces "brigades".

Ils ont obtenu un versement exceptionnel de l'Assurance maladie pour ce travail : un forfait de 55€ par patient au lieu de 25 pour saisir et transmettre les coordonnées du patient contaminé et des personnes de son foyer aux "brigades sanitaires" de l'Assurance Maladie.

Les médecins généralistes n’ont pas l’air très réceptifs à cette sorte de prime d’enquête proposée par l’Assurance maladie. Deux euros par contact identifié et transmis aux brigades sanitaires. Quatre euros s’il y a le numéro de téléphone.

Jean-Paul Hamon, du syndicat des médecins de France est réticent à récolter avec ou sans bonus financier les coordonnées des ami ou collègues de ses patients contaminés.

“Les médecins généralistes, ils ont envie de faire leur boulot, ils n’ont pas envie de se transformer en détectives. C’est quand même chronophage. Donner deux euros, quatre euros, ce n’est pas significatif et en tout cas, ce n’est pas incitatif”, explique-t-il. 

Les maisons de santé volontaires

Les médecins ont proposé que l’investigation soit plutôt menée par les infirmiers ou les secrétaires médicaux. Les maisons de santé par exemple, représentées par le docteur Pascal Gendry, sont volontaires.

“C’est vraiment la demande des équipes de se mettre à contribution de l’intérêt général et d’assumer une mission de service public. Il ne faudrait pas que cette rémunération soit orientée vers les seuls médecins parce que ces derniers vont travailler avec des infirmières, des pharmaciens, ou encore leurs secrétaires pour ce travail. Or, tout travail mérite salaire”, indique-t-il.

Plusieurs des 1300 maisons de santé pourraient mutualiser une équipe pour mener ce travail d’enquête à la place des médecins.

Nicolas Traino avec Guillaume Descours