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Traitements contre le Covid-19: les recherches s'accélèrent, où en est-on?

EXPLIQUEZ-NOUS - Où en est-on des traitements contre le COVID ? Est-ce qu'après les vaccins, on va bientôt pouvoir compter sur des médicaments pour lutter contre l'épidémie ? Plusieurs laboratoires espèrent aboutir avant la fin de l’année.

C’est une véritable course qui est en train de se dérouler. Comme pour le vaccin l’année dernière, tous les labos pharmaceutiques sont sur le coup. Plus de 1.500 études cliniques sont en cours dans le monde, avec l’espoir de trouver un traitement, un médicament anti-Covid, soit préventif, soit curatif, Pour prévenir de la maladie ou bien pour la guérir.

Il y a déjà des traitements autorisés. L’organisation mondiale de la santé en recommande trois. Aux Etats-Unis, le Regeneron est largement distribué, c’est le fameux médicament dont avait bénéficié Donald Trump en octobre dernier. Il a déjà rapporté deux milliards et demi de dollars au labo qui le produit.

En France, le Ronapreve est autorisé depuis le 6 août. Autorisé et utilisé dans les hôpitaux.

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Des traitements lourds pour le moment

Mais on parle là de traitements lourds. Des traitements par anticorps monoclonaux. Pour faire simple, on dit que ce sont des molécules qui attaquent les pointes à la surface du virus.

Ce sont des produits qui sont injectés à l'hôpital sous forme d’intra veineuse. Chaque injection coûte entre 1.000 et 2.000 euros. Et c’est réservé pour l’instant aux patients à risques. Immunodéprimés et cas contacts. Bref ces premiers traitements ne sont pas pour monsieur ou madame tout le monde.

Les choses pourraient rapidement changer

De grands laboratoires espèrent mettre au point une simple pilule que l’on prendrait dès les premiers symptômes ou dès que l’on est testé positif. L’américain Pfizer, déjà leader mondial sur le vaccin vient d'annoncer le début d’un essai clinique, mené aux Etats-Unis et en Europe.

60 volontaires testent un médicament qui est un inhibiteur, un antiviral qui vise la colonne vertébrale du virus. On en est au début de la phase un, mais Pfizer espère en cas de succès une commercialisation à la fin de cette année. 

Un autre très grand laboratoire américain, Merck, teste une molécule pour empêcher la multiplication du Virus. AstraZeneca, labo anglo-suédois, connu aussi pour son vaccin, travaille sur des traitements préventifs par anticorps monoclonaux et en particulier sur une injection qui protégerait pendant un an. Un peu comme un vaccin sauf que ce n’est pas un vaccin mais un médicament préventif. En réalité, tous les plus grands labos du monde ont des essais en cours.

Il y a aussi des outsiders

Notamment un petit poucet français dont on parle beaucoup. C’est une société Nantaise, Xenothera qui a développé un médicament qui s’appelle le Xav-19, qui s’attaque au virus et booste l’immunité. Les essais cliniques sont terminés. L’agence européenne du médicament examine de façon accélérée sa mise sur le marché, peut-être avant la fin de l’année.

La France a déjà commandé les 30.000 premières doses, et en cas de succès, la présidente de cette start-up, Odile Duvaux, a prévu de réserver la moitié de sa production aux pays les plus pauvres.

En tous cas, que ce soit le Xav-19 d’Odile Duvaux, ou les médicaments développés par les grands labos, des médicaments sont attendus avant la fin de l’année. Au moins trois, prévoit l’union européenne.

Même il ne faut pas s’emballer disent les spécialistes comme, par exemple, Didier Houssin, le président du comité urgence Covid à l’OMS. Il ne faut pas s’emballer parce qu’aucun de ces traitements ne sera un produit miracle ou un traitement universel. Pas de miracle, mais la science avance… 

Nicolas Poincaré (avec J.A.)