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Un médecin normand a-t-il aidé plusieurs patients à mourir ?

Le praticien a reconnu avoir prescrit le médicament en cause tout en réfutant toute démarche d'euthanasie.

Un médecin de campagne a été mis en examen a annoncé vendredi le parquet du Havre, poursuivi pour avoir involontairement causé la mort de cinq personnes âgées en leur prescrivant un médicament réservé à un usage hospitalier, le midazolam.

Le médecin, âgé de 65 ans, a reconnu les faits précisant "qu'il ne s'inscrivait pas dans une démarche d'euthanasie", selon un communiqué du parquet. Il assure avoir prescrit "pour apaiser ses patients souffrant d'affections lourdes comme des cancers ou des insuffisances respiratoires", a précisé le magistrat.

"S’il l’a fait je voudrais juste lui dire 'merci'"

"C’est un médecin de campagne. Si j’étais malade, je l’appelais le matin, il me disait de venir aussitôt", explique Alice qui habite à Angerville-la-Martel ou exerçait le praticien depuis plus de 30 ans et où tous les habitants retiennent sa disponibilité. "S’il l’a fait je voudrais juste lui dire merci parce que mon grand-père n’aura pas souffert. Il voulait mourir chez lui et adorait ce médecin qui a tout fait pour lui", assure même Marie dont le grand-père est mort à l'âge de 88 ans en 2012.

Le midazolam est le médicament qui est utilisé pour mettre en œuvre une sédation profonde et continue jusqu'à la mort lors d'un arrêt d'un traitement autorisé par la loi en cas "d'obstination déraisonnable". Le praticien incriminé qui n'avait jamais eu de problème avec le conseil de l'ordre des médecins durant sa carrière, encourt 20 ans de réclusion criminelle.

Cyprien Pézeril (avec G.D.)