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Une nouvelle étude sur le Levothyrox donne raison aux patients: "Ça prouve que nous n'étions pas fous"

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L'évaluation faite par le laboratoire Merck pour mettre sur le marché en 2017 la nouvelle version du Levothyrox ne prenait pas suffisamment en compte les variations possibles, propres à chaque individu, des effets du médicament, selon une étude parue jeudi.

Nouveau rebondissement dans l'affaire du Levothyrox. Une étude donne raison aux patients et affirme que la formule du nouveau médicament n'est pas forcément substituable à l'ancienne pour chaque individu. Selon des chercheurs britanniques et toulousains, près de 60% des patients malades de la thyroïde pourraient ne pas réagir de la même façon en changeant de formule.

Les chercheurs ont décortiqué en détail les résultats du laboratoire Merck et l'interprétation est bien différente. Le laboratoire affirme que les deux formules du Levothyrox ont en moyenne les mêmes effets sur les patients.

Et c'est cette moyenne que pointe du doigt les chercheurs franco-britanniques: ce mode de calcul est aujourd'hui validé par 23 autorités de santé européennes dont notre Agence nationale de sécurité du médicament, l'ANSM. Mais cette moyenne ne prend pas en compte les disparités des réactions entre les individus

Les chercheurs ont donc fait du cas par cas pour révéler que les deux formules du Levothyrox avaient des effets secondaires bien différents dans plus de la moitié des cas. Fatigue, douleurs, troubles de la concentration ou perte de cheveux: depuis deux ans, des milliers de patients se plaignent de ses effets secondaires et tentent d'alerter les autorités, en vain.

"Plus on nous méprisait, plus il y avait une volonté de vérité"

Les associations de victimes reprochent aujourd'hui à l'ANSM d'avoir suivi les conclusions du laboratoire sans procéder à une nouvelle analyse et ce, malgré les milliers d'alertes.

Mais avec cette étude, les victimes sont enfin considérées comme des victimes, c'est essentiel pour Sylvie Chéreau, responsable du collectif Victimes du Levothyrox en Occitanie:

"Ça prouve que nous n'étions pas fous, que tout ce que nous avions vécu, c'était bien la vérité. Il y avait de quoi avoir des problèmes. Plus on nous méprisait, plus il y avait une volonté de vérité, parce qu'un médicament vital comme le Levothyrox, on ne s'amuse pas avec ça. Ce n'est pas une aspirine, ce n'est pas de la vitamine C. L'Agence nationale de la sécurité du médicament a été très légère là-dessus. Il faut que la justice mette les responsables devant le fait accompli".
Romain Poisot avec Paulina Benavente