RMC

Vaccination obligatoire: "Il est prématuré de l'imposer dans l'état actuel", selon la présidente de la Haute autorité de santé sur RMC

Sur RMC, la présidente de la Haute autorité de santé Dominique Le Guludec estime qu'il faut rester très prudent avec les découvertes concernant un potentiel vaccin et qu'il ne faut pas, en l'état actuel des connaissances, le rendre obligatoire.

L'annonce par le laboratoire Pfizer de résultats prometteurs concernant un vaccin contre la pandémie de Covid-19 qui touche la Terre entière a été accueillie avec beaucoup d'enthousiasme.

Pfizer a annoncé lundi qu'un vaccin "efficace à 90%" contre le Covid-19 était prêt à être autorisé par les autorités de santé. Dans un communiqué ils ont ajouté qu'ils prévoyaient les premières livraisons de leur vaccin "fin 2020, sous réserve du succès clinique et de l'obtention des autorisations des régulateurs".

En France, un tel pourrait-il arriver prochainement ? Au niveau européen, la directrice du Centre européen de contrôle des maladies (ECDC), Andrea Ammon a estimé qu'en "étant optimiste, (les premières vaccinations pourraient avoir lieu) à partir du premier trimestre de l'an prochain".

>>> A LIRE AUSSI - Vaccin anti-Covid-19 "efficace à 90%": cinq questions que tout le monde se pose

"On est encore aujourd'hui dans beaucoup d'incertitudes sur ces vaccins"

Présidente de la Haute autorité de santé en France, la Pr. Dominique Le Guludec est restée prudente ce jeudi matin sur RMC. 

"C'est un bon signal, maintenant ce sont des résultats intermédiaires. On attend que les résultats cliniques d'efficacité de sûreté soient fournis par la laboratoire. C'est sérieux, on a des principes sur les essais cliniques qui ont été respectés. On va vérifier que toutes les étapes ont été respectées."

Dominique Le Guludec estime par ailleurs que l'on est encore avec "beaucoup d'incertitudes encore aujourd'hui sur ces vaccins". Faudra-t-il le rendre obligatoire ? La présidente de la HAS reste très prudente et estime pour l'instant que non.

"C'est une décision politique, nous ne donnons que des avis. Nous n'avons pas encore beaucoup de recul sur ces vaccins. Les vaccins obligatoires que l'on connaît pour les enfants par exemple on a un long recul on les connaît parfaitement, on connaît leur sécurité.
Il serait probablement, pour nous, prématuré d'imposer ce vaccin dans l'état des connaissances que nous aurons. Suffisant pour se faire vacciner en confiance, mais cette confiance se construit. Ce n'est pas en l'imposant, c'est en construisant la confiance et en étant transparent sur les données.
De plus, les différents vaccins seront livrés étalés dans le temps. Il n'y aura pas de quoi vacciner tout le monde. Il faudra prioriser." 
J.A.