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Vaccins obligatoires: "Le lien entre le vaccin contre la rougeole et l'autisme ne tient pas scientifiquement"

Onze vaccins seront désormais obligatoires pour les enfants à partir du 1er janvier 2018. Seuls trois vaccins infantiles sont pour l'instant obligatoires en France. Le point ce vendredi dans Bourdin Direct avec la journaliste indépendante Lise Barnéoud.

Début du compte à rebours avant le passage de trois à onze vaccins obligatoires pour les enfants: annoncée début juillet, cette mesure contestée par les anti-vaccins entrera en vigueur le 1er janvier, a précisé jeudi la ministre de la Santé, Agnès Buzyn.

Une obligation qui pourrait être contreproductive selon la journaliste scientifique Lise Barnéoud: "Un pourcentage non négligeable des Français se méfie des vaccins. La ministre espère que les Français vont retrouver confiance. Je crains que la contrainte des vaccins ait l'effet inverse".

Ce matin dans Bourdin Direct, la journaliste, auteur de Immunisés – Un nouveau regard sur les vaccins, aussi revenue sur les polémiques sur certains vaccins, accusés d'être facteurs déclencheurs de maladie. "Il y a des billes scientifiques pour dire que ce qui a été mis en avant dans les années 2000 par un auteur anglais qui établissait un lien entre vaccin et autisme ne tenait pas scientifiquement. Toutes les études montrent qu'il n'y a pas de lien entre le vaccin contre la rougeole et l'autisme", a-t-elle rappelé.

Vaccin contre l'hépatite B et sclérose en plaques: "une polémique plus compliquée à démêler"

Les résultats sont moins clairs en revanche sur le vaccin contre l'hépatite B et la sclérose en plaques: "La polémique est plus compliquée à démêler. Dans les années 90, la population française a massivement été vaccinée contre l'hépatite B. Il y a eu une augmentation des notifications de sclérose en plaques après ces vaccinations, ce qui ne signifie pas forcément qu'il y a un lien de causalité. Aujourd'hui, on ne peut pas répondre à cette question, des études montraient un lien, la plupart des études montraient que statistiquement, il n'y en avait pas. Il se peut qu'un infime pourcentage de la population, prédisposé à faire des maladies auto-immunes a pu avoir une sclérose en plaques déclenché par ce vaccin".

Les onze vaccins obligatoires représentent dix injections pour les enfants, étalées sur 2 ans. Or, selon le ministère, 70% des enfants reçoivent déjà ces dix injections sur deux ans et 80% plus de huit injections.

P.B.