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Variole du singe: les instances européennes envisagent le vaccin contre la variole pour lutter

Le régulateur européen du médicament a déclaré jeudi avoir entamé des discussions avec le fabricant d'un vaccin contre la variole humaine, éradiquée depuis plus de 40 ans, pour éventuellement étendre son utilisation contre sa cousine, la variole du singe.

L'Agence européenne des médicaments (EMA) a indiqué ce jeudi qu'elle était en contact avec le fabricant du vaccin contre la variole Imvanex "par précaution", pour s'assurer qu'il y ait un stock suffisant si nécessaire face à la recrudescence de cas de "variole du singe". "Bien que la propagation soit plutôt sans précédent en Europe, il ne s'agit pas actuellement d'une urgence de santé publique", a déclaré Marco Cavaleri, le chef de la stratégie vaccinale de l'EMA, lors d'une conférence de presse.

La variole du singe est une maladie le plus souvent bénigne mais sa diffusion en dehors des zones endémiques, principalement en Europe, reste une source de préoccupation. Plus de 550 cas dans 30 pays -où la maladie n'est pas endémique et n'apparaît que très rarement- ont été signalés à l'OMS depuis le début de l'éruption actuelle de cas il y a près d'un mois.

La variole du singe ("monkeypox" en anglais) ou "orthopoxvirose simienne" est une maladie considérée comme rare, connue chez l'être humain depuis 1970. Elle est due à un virus à ADN. Elle est considérée bien moins dangereuse et contagieuse que sa cousine, la variole, éradiquée depuis plus de 40 ans.

La Commission européenne travaille déjà à la centralisation des achats de vaccin

Le vaccin Imvanex, fabriqué par la société danoise Bavarian Nordic, a été autorisé par l'EMA en 2013 pour la variole, mais le fabricant n'avait pas demandé à l'époque une autorisation pour son utilisation contre la variole du singe.

Les données animales ont montré qu'Imvanex était "efficace" contre la variole du singe, a soulevé M. Cavaleri. Le vaccin pourrait être administré aux personnes qui ont été étroitement en contact avec des individus contaminés pour empêcher la propagation de la maladie.

L'EMA espère que le fabricant danois demandera l'autorisation "dès que possible", a déclaré M. Cavaleri, sans toutefois donner de délai. La Commission européenne a indiqué la semaine dernière à l'AFP qu'elle travaillait déjà à la centralisation des achats de vaccins et de traitements contre la variole du singe.

Comment est transmise la maladie ?

L'infection des cas initiaux résulte d'un contact direct avec des animaux infectés mais des incertitudes subsistent quant aux réservoirs naturels du virus. La transmission secondaire - c'est-à-dire interhumaine - nécessite, elle, un contact étroit et prolongé entre deux personnes, et se fait principalement via la salive ou le pus des lésions cutanées formées au cours de l'infection.

Parmi les cas recensés, une majorité sont des hommes ayant eu des rapports sexuels avec d'autres hommes. Mais la variole du singe "n'est pas considérée comme une maladie sexuellement transmissible", a rappelé jeudi Alexandra Mailles, épidémiologiste à Santé publique France lors d'un point presse de l'ANRS (maladies infectieuses). Ce pourrait être le contact avec les lésions qui conduirait à l'infection plutôt que le rapport sexuel lui-même.

Depuis sa récente diffusion en Europe, aucun décès et très peu de cas graves ont été répertoriés.

La rédaction avec AFP