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Vente d'alcool aux mineurs: 9 magasins sur 10 ne respectent pas la loi dans certaines régions françaises

Un commerçant contrevenant s'expose à une amende de 7500 euros maximum et à des poursuites pénales si le client mineur fait un coma éthylique par exemple.

La vente d'alcool aux moins de 18 ans est-elle devenue banale ? L'association Addictions France s'indigne : "les enseignes ne respectent pas la loi", alors que la loi Bachelot interdit la vente aux jeunes mineurs depuis 2009. Et ils s'appuient sur une étude assez simple: des mineurs, clients mystères, ont été envoyés, sans tricher sur leur âge, pour effectuer des achats tests dans 384 magasins du Finistère et en Loire-Atlantique. Et seuls 28 magasins ont refusé la vente. En d'autres termes, 9 magasins sur 10 ne respectent pas la loi.

Pourtant, un commerçant contrevenant s'expose à une amende de 7500 euros maximum et à des poursuites pénales si le client mineur fait un coma éthylique par exemple. Mais visiblement, ce n'est pas assez dissuasif semble-t-il quand on écoute certains jeunes concernés par l'interdiction: "Moi j'ai acheté toutes sortes d'alcool, du Jack Daniel's, de la Desperados, sans problème! Ils ne nous demandent rien à nous les jeunes".

Dans les rues de Quimperlé (Finistère), on trouve ce type de témoignages par dizaines: "J'ai 15 ans, j'ai réussi à passer à la caisse avec du Whisky, ça dépend où on passe", assure un jeune. "J'ai acheté de la Vodka, du Whisky, On ne m'a jamais demandé ma carte", renchérit une autre.

"Même lorsqu'il y a des demandes de carte d'identité, il y a quand même vente d'alcool à un mineur"

La fédération des épiceries et des commerces de proximité, contacté par RMC n'approuve pas le comportement de ses supermarchés mais reconnait qu'il peut y avoir des ratés.

C'est bien plus grave que des ratés répond l'association Addictions France, où Valérie Guitet, chargée de mission, a piloté l'enquête : "Il y a surtout une idée d'impunité. Je pense qu'ils vendent en sachant qu'ils n'ont pas l'âge puisque même lorsqu'il y avait des demandes de carte d'identité, il y avait quand même acceptation de vente d'alcool à un mineur".

"Il faudrait cesser la complaisance sur la consommation d'alcool", renchérit ce vendredi sur RMC Bernard Basset, médecin de santé publique et président d'Addictions France.

"Il faut des sanctions effectives, des actions coups de poing et en finir avec cette tolérance et incitation à consommer de l'alcool comme les pubs autour des lycées", ajoute-t-il assurant que à 17 ans, "la moitié des jeunes ont eu une ivresse au moins une fois par mois".

Ainsi, la carte d’identité n’est demandée que 2 fois sur 10, et même quand les jeunes sont effectivement mineurs, la vente est réalisée dans près de 6 cas sur 10. Valérie Guitet rappelle que commencer à boire jeune développe le risque de conduites addictives plus importantes à l'âge adulte.

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Nicolas Traino (avec G.D.)