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Vers une pénurie en cas de fin de l'anonymat pour les dons de sperme?

La commission spéciale chargée d'étudier le projet de loi bioéthique sur la PMA et le don de sperme commence ses travaux ce lundi. D'après la première version du texte, les enfants nés d'un don pourront choisir à leurs 18 ans d'obtenir des informations sur leur géniteur.

La commission spéciale chargé d'étudier le projet de loi bioéthique sur la PMA et le don de sperme commence ses travaux ce lundi. À côté de la procréation médicalement assistée, le projet de loi propose de lever partiellement l'anonymat des donneurs de sperme, faisant craindre une pénurie.

Sur le formulaire de donneur de spermatozoïdes rempli par Mathias au début de l’été lors de son passage au centre de don Cecos de l'hôpital Tenon à Paris, on peut lire que les enfants nés de son don ne sauront jamais qui il est. Mais l'étudiant de 24 ans n'aurait pas été contre la levée de cet anonymat.

"Ça ne me pose aucun problème. Je connais des personnes qui ne connaissent pas l’identité de leur père et c’est un déchirement et je comprends le besoin de connaître d’où l’on vient", explique-t-il à RMC.

Un risque d'augmentation de la pénurie ?

Mais d’autres hommes reçus à l'hôpital Tenon, pourraient renoncer si leur nom est transmis. Or, avec 2000 à 2500 couples demandeurs de dons chaque année, les stocks de de sperme congelés dans les cuves sont déjà trop bas: "En 2016 il y a eu un peu plus de 350 donneurs en France qui ont été acceptés. C’est très insuffisant pour couvrir la demande", explique le docteur Nathalie Sermondade, médecin biologiste à l'hôpital Tenon.

"Si on ne peut plus utiliser les paillettes des anciens donneurs, il y a un risque d’augmentation de la pénurie le temps que l’on puisse reconstituer notre banque de paillettes", ajoute-t-elle.

Au lieu de tout détruire, selon certains de ses confrères, il faudrait plutôt demander aux anciens donneurs s'ils acceptent de lever leur anonymat pour éviter la rupture de stock.

Nicolas Traino (avec Guillaume Dussourt)