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Visites interdites dans les Ehpad: "Inimaginable qu'une personne en fin de vie ne puisse pas voir sa famille"

Nouvelle mesure drastique prise par le gouvernement pour lutter contre la propagation du coronavirus: les visites aux personnes âgées sont suspendues dans les établissements d’accueil.

Les nouvelles consignes du ministère de la Santé mettent les EHPAD sous cloche. "Au regard des dernières données épidémiologiques et afin de protéger les personnes les plus vulnérables, le gouvernement a décidé de renforcer les restrictions de visite dans les établissements d'hébergement pour personnes âgées", a annoncé le ministère ce mercredi dans un communiqué.

Visite interdite dorénavant dans les établissements accueillant des personnes âgées, qu'il s'agisse des Ehpad ou des unités de soins de longue durée. Dans les résidences autonomie, les visites sont fortement déconseillées.

"Se laisser aller, conduit finalement à une issue aussi fatale que le coronavirus"

Toutes les personnes décédées sont des adultes et pour la grande majorité âgée de plus de 75 ans, d'où cette nouvelle restriction. Nouvelles mesures, qui font très peur aux personnes concernées.

Des familles, des proches qui remplacent bien souvent le manque de personnels dans certains établissements. C'est ce qu'explique Claudette Brialix, présidente de l'Association des amis des personnes âgées. Elle constate chaque jour cette présence essentielle: "Pour du linge à laver, pour sortir les personnes, ces sont des familles qui font en sortent qu’elles puissent s’alimenter".

"Aucun établissement ne peut remplacer le temps apporter par les proches"

Et c'est parfois même vital, ces visites sont des repères pour des personnes fragiles: "Une personne atteinte d’Alzheimer par exemple, elle est en peur permanente et la présence d’un repère, ça compense. A partir du moment où vous n’avez plus cela, elles perdent la tête. Se laisser aller, conduit finalement à une issue aussi fatale que le coronavirus".

Et du côté des Etablissement d'accueil, on est très clair: "Il n’y a aucun établissement en France qui puisse remplacer le temps apporter par les proches".

Pascal Champvert, le président de l'association des directeurs d'Ehpad, demande donc de la souplesse: "D’abord en fonction des zones géographiques et puis en fonction de la situation des gens. On n’imagine pas qu’une personne en fin de vie ne puisse pas voir ses proches et sa famille, que quelqu’un qui vient de loin pour voir son père ou sa mère, soit interdit d’entrée".
Thomas Chupin (avec C.P.)