RMC

Voici les brosses à dents du futur

-

- - -

C'EST DEJA DEMAIN - L’innovation s’invite partout même dans notre salle de bains.

Les brosses à dents du futur arrivent. La première est capable de nettoyer toutes nos dents… en 10 secondes chrono. De quoi gagner du temps le matin: 10 secondes contre 2 minutes en temps normal –et encore en France on est très mauvais élève, avec 56 secondes de temps de brossage en moyenne. Et c’est tout l’intérêt de cette brosse à dents, dont l’apparence, je l’admets, est assez déroutante, conçue par une startup lyonnaise.

Ca ressemble à un mélange entre un dentier et un protège dents. Un appareil qu’on met dans la bouche et qui recouvre l’intégralité de la dentition. L’intérieur est recouvert de poils souples en nylon, comme une brosse classique. On met un peu de dentifrice, on appuie sur un bouton, l’appareil se met à vibrer, un peu comme une brosse à dents électrique.

Et l’avantage de cet appareil, c’est qu’il frotte toutes les dents en même temps plutôt que de passer 4 ou 5 secondes sur chaque dent, en 10 secondes toutes les dents sont propres. Et tout se fait automatiquement : les créateurs de cet appareil partent du principe qu’en moyenne on se brosse mal les dents, trop fort ou pas assez, on ne fait pas le bon geste : tenir la brosse à 45° et faire des mouvements de rouleau de la gencive vers la dent et que c’est la cause de la plupart des problèmes dentaires.

Sans compter la perte de temps : entre 80 et 100 jours sur l’ensemble d’une vie Soyons clairs, on n’a pas l’air très malin avec cet appareil dans la bouche. Mais franchement avec une brosse à dents non plus, et de toute façon on est tout seul dans la salle de bains. Ca coûte le prix d’une brosse à dents électrique classique.

Une autre brosse à dents, connectée permet de payer le dentiste moins cher. Mieux on brosse, moins on paye !

Et heureusement. Parce qu’il y a un truc. Une startup a mis au point une brosse connectée qui analyse le temps et la qualité du brossage : mieux on brosse, moins on paye... En clair, il faut accepter d’être surveillé par sa brosse à dents ! A la base, ce qu’a mis au point cette startup qui s’appelle Beam Dental (qui vient de lever 80 millions de dollars) c’est une simple brosse à dents connectée.

Je vous en ai déjà présenté plusieurs dans ce genre-là : en gros, des capteurs électroniques analysent la façon dont vous vous brossez les dents, haut bas, bien derrière les molaires au fond, est-ce que vous passez les deux minutes réglementaires, et vous donne une note, des conseils.

Une sorte de gamification du brossage de dents, et à la limite pourquoi pas. Sauf que cette startup a eu l’idée de pousser le concept beaucoup plus loin et de proposer leurs services à des groupes d’assurance.

Leur idée : exploiter les données collectées depuis ces brosses à dents, pour calculer les prix des mutuelles d’assurance pour les frais dentaires. En gros, si vous vous brossez bien les dents tous les jours et que vous faites ça dans les règles de l’art, ce qui signifie que vous avez moins de chance d’avoir de gros soins dentaires à moyen et long terme, vous avez un bonus sur votre mutuelle, qui peut atteindre 15%.

Mieux je me brosse les dents, moins le dentiste me coûte cher. Ils ont mis au point tout un système d’abonnement : en s’abonnant on reçoit une brosse à dents électrique, et ensuite régulièrement on va recevoir des têtes de brosse à dents, du fil dentaire. Et on a un suivi via l’application. Une nouvelle illustration du "j’accepte un mouchard en échange d’un gain financier", qu’on trouve de plus en plus dans les entreprises américaines.

Ca pourrait arriver en France ?

Pas dans l’immédiat, heureusement… On a une barrière légale : la loi Evin –qu’on connaît parce qu’elle interdit de fumer dans les lieux publics, mais un volet moins connu, c’est l’interdiction de la tarification basée sur des données médicales.

Donc on ne peut pas faire varier une prime d’assurance en fonction d’informations de santé, sur le régime ou l’activité physique d’une personne –contrairement aux assurances auto, où l’on récompense ou on punit les bons et les mauvais comportements. La question c’est jusqu’à quand...

Anthony Morel (avec J.A)