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Sécurité : polémique sur le rapport de la Cour des comptes

Pour Didier Migaud, premier président de la Cour des comptes, « ce rapport est exact et objectif ».

Pour Didier Migaud, premier président de la Cour des comptes, « ce rapport est exact et objectif ». - -

Vivement critiqué par Claude Guéant et une partie de l'UMP, le rapport de la Cour des comptes sur la gestion des forces de sécurité, fait polémique. Face à ces accusations de « partialité », l’ex-député PS Didier Migaud, défend l’instance qu’il préside.

Polémique après la publication d’un rapport de la Cour des comptes critiquant la politique de sécurité du gouvernement. Dans un rapport, publié ce jeudi, l’instance chargée de contrôler les politiques publiques, estime que la police française est mal organisée, manque cruellement de moyens, et juge « contrastés » les résultats en matière de délinquance, mettant notamment en doute la baisse de cette dernière depuis 2002.
Le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, a immédiatement réagi hier jeudi sur RMC. Selon lui, ce rapport est plein « d’inexactitudes et d’approximations ». Plusieurs députés UMP estiment qu'il est « partial » ; Bernard Carayon parle même d' « un tract du PS ».

« Des rédacteurs proches de l’opposition, des erreurs… »

Une dizaine d'entre eux a envoyé à la Cour des Comptes une lettre incendiaire. Ils invitent son président, Didier Migaud, à faire le ménage chez les auteurs du rapport, jugés trop partisans. Auteur de cette lettre, le député UMP de Gironde, Jean-Paul Garraud s’explique : « Il y a un vrai problème quand on fait rédiger son rapport par des membres qui sont proches de l’opposition. Parce que quand on ajoute les erreurs commises, les appréciations vraiment dénuées d’objectivité et la qualité des rédacteurs et du rapporteur par rapport à leurs options politiques, ça fait beaucoup. Donc la moindre des choses qu’on peut faire c’est quand même les interpeller ».

« La garantie de l’impartialité c’est la collégialité »

Face à ces accusations de partialité, Didier Migaud, ancien député socialiste, assume : « Ce rapport est exact et objectif » et se défend de: « La Cour est composée de magistrats et de non-magistrats, qui prêtent serment, qui ont l’impartialité dans leur déontologie. Et cette impartialité ne peut pas être appréciée par ceux-là même qui font l’objet de nos contrôles. Et je dirais que la garantie de l’impartialité c’est la collégialité ».
Il a reçu le soutien du ministre des Relations avec le Parlement, l’UMP Patrick Ollier, qui a salué un travail « honnête et rigoureux ».

« C’est comme les joueurs de foot qui s’en prennent à l’arbitre… »

De son côté, Delphine Batho, députée PS des Deux-Sèvres, ironise sur cette lettre des députés UMP : « C’est un peu comme les joueurs de foot qui s’en prennent à l’arbitre ! Ils ne supportent pas qu’une instance sérieuse, objective et dont le rôle est d’évaluer les politiques publiques, dise la vérité sur la politique de sécurité menée depuis plusieurs années. La Cour des comptes a fait des rapports qui n’ont jamais fait plaisir aux gouvernements en place : hier celui de gauche, aujourd’hui celui de droite. Et donc ce qui gêne principalement l’UMP c’est que la Cour des comptes dit la vérité ».

Aubry : « Guéant ferait mieux de prendre en compte l’état de ces échecs »

Invitée du JT de France 3 hier jeudi soir, Martine Aubry en a profité pour critiquer l’attitude du ministre de l’Intérieur, Claude Guéant : « L’insécurité qui s’accroît, comme le montre aujourd’hui la Cour des comptes, n’en déplaise à monsieur Guéant, qui ferait mieux de prendre en compte l’état de ces échecs, de dire "comment je vais remettre des policiers sur le terrain", comme nous le proposons, "comment je vais faire en sorte qu’il y ait des sanctions pour chaque acte"… Chacun a le droit de s’exprimer ; moi ce qui m’intéresse c’est le soutien et la confiance des Français ».

La Rédaction, avec Victor Joanin et Yann Abback