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Suppression de l'aide au paiement de la cantine dans la Somme: "Des milliers d'enfants vont être pénalisés"

L'aide aux repas pour les élèves de primaire de la Somme est supprimée.

L'aide aux repas pour les élèves de primaire de la Somme est supprimée. - Romain Perrocheau - AFP

Plusieurs départements ont décidé d'opérer des coupes dans les aides aux familles défavorisées invoquant une baisse des dotations de l'Etat. Dans la Somme, le conseil départemental ne versera plus d'aide au paiement de la cantine, faisant craindre aux familles des difficultés.

Quatre jours par semaine, Ilies et Yanis mangent à la cantine dans leur école d'Amiens. Pour leurs repas, Sarah, leur maman, paye 140 euros par an dont la moitié est financée grâce au chèque cantine du département. Mais cette année, cette maman devra faire sans. Le département de la Somme a en effet décidé de supprimer cette aide aux familles en difficulté, un coup dur pour Sarah.

"Je paye le repas à 0,82 centimes par enfant. Pour l'année j'avais 4 chèques de 35 euros, ça faisait 70 euros par enfant. Je pense qu'on va faire des sacrifices, je vais mettre des sous de côté. On va se priver", reconnaît cette maman sur RMC. 

Comme Sarah, 7.000 familles dont les enfants scolarisés en école primaire seront privées de ce coup de pouce. La faute à la baisse des contributions de l'Etat en baisse, invoque le département. La Somme n'est d'ailleurs par la seule à opérer des coupes sur ces aides sociales. Dans les Hauts-de-Seine, la gratuité des transports scolaires est ainsi supprimée. Pour Slimane El Gana, président de l'Union départementale des associations familiales de la Somme, la décision de supprimer l'aide aux repas aura des conséquences dramatiques. 

"C'est une mesure qui va très probablement priver des enfants du seul repas équilibré qui est consommé dans la journée. De la même manière que beaucoup de familles se privent de soins parce que leurs revenus sont insuffisants, on va assister à la même marginalisation", estime-t-il. 

"20 millions à trouver"

Du côté du département, on rappelle que les dépenses sociales représentent déjà la moitié du budget du département. Pour Isabelle de Waziers, vice-présidente du conseil départemental de la Somme, sa collectivité n'a pas eu d'autres choix que de couper dans les budgets. 

"Ca fait 20 millions à trouver. Il a fallu dans ce qu'on finançait regarder les choses qui étaient vraiment dépendantes du département. Nous avons informé tous les maires et les communautés de commune de cette décision pour qu'ils préviennent leurs usagers et surtout qu'ils prennent en compte cette demande qui risque de venir des parents qui bénéficiaient de l'aide", explique-t-elle. 

Mais ces coupes auraient pu être évitées estime le député PS Francis Lec, élu au Conseil départemental. "Le Conseil départemental pouvait dire à toutes les communes qui sont concernées, je vous propose un contrat, de veiller peut-être à ce que ce soit moitié moitié mais qu'au mois ce soutien à la restauration des enfants soit maintenu", regrette-t-il. Pour le député, cette mesure discrimine des familles déjà défavorisées. 

"Qu'est-ce qui va se passer maintenant? Des milliers d'enfants vont être pénalisés et certains ne mangeront pas, n'iront pas à la cantine parce qu'ils n'auront même pas la capacité de pouvoir financer ce modeste repas", déplore Francis Lec.

Avec la fin de aide, le Conseil départemental espère économiser presque 800.000 euros chaque année.

C. B avec Léa Zacharie