RMC

Tensions à Bagnolet: "Personne n'a envie que la drogue contrôle le quartier"

-

- - Capture BFMTV

Voitures brûlées, échange de tirs, personnes blessées par balles... La situation est inquiétante à Bagnolet (Seine-Saint-Denis) où les habitants vivent dans un climat peu serein ces dernières semaines.

Les habitants parlent d'un véritable "supermarché de la drogue" qui cause de nombreuses violences ces derniers temps. A Bagnolet, depuis trois semaines, quatre personnes ont été blessées par balle. Une flambée de violence qui touche deux quartiers de cette commune de l'est parisien. Les règlements de comptes sur fond de trafic de drogues se multiplient, et les CRS ont été déployés depuis mercredi dans le quartier de La Capsulerie.

Nous y avons rencontré une mère de deux enfants. Elle habite ce quartier depuis 12 ans et craint de plus en plus ce climat et la surenchère de la violence. Première condition à cet entretien, ne donner ni son nom, ni son véritable prénom. Mais désormais à la peur d'éventuelles représailles s'ajoute celle de prendre une balle perdue. 

"C’est un quartier qui est l’abandon"

"On est vraiment dans un climat où on regarde en fait derrière son épaule s’il n’y a pas une voiture des hommes armés ou quelque chose qui nous mettrait en danger. Un danger permanent tout comme le trafic immuable lui aussi."

Elle habite juste en face de ce marché de la drogue et voit que l’échange de marchandise se fait au rez de chaussée du bâtiment.

"On les voit, les enfants les voient. Et il y a une file d’attente comme si vous alliez à une sandwicherie sauf que les gens viennent acheter des stupéfiants. C’est un quartier qui est l’abandon et personne n’a envie que ce soit la drogue qui contrôle le quartier."

Des mots qui résonnent presque comme un cri de détresse pour cette mère de deux enfants, dont le fils aîné est un pré-adolescent.

"Le souci est qu’il en parle avec des copains parce que ça peut être tentant. Moi je lui que c’est des gens choses qu’on ne doit pas faire, mais il me répond qu’ils le font et qu’ils ne sont pas punis."

Le maire: "On a besoin de soutien"

Les auteurs des fusillades n'ont d’ailleurs toujours pas été arrêtés… Résultat pour cette mère de famille, habitante depuis 12 ans dans la cité et militante dans une association de résidents, le sentiment d'être les oubliés de la ville. Tony Di Martino, le maire socialiste de Bagnolet, réclame plus de moyens.

"Par exemple les CRS sont là depuis mercredi mais on sait qu’ils ne sont pas restés, il faut des effectifs supplémentaires. Il y a des réponses qui sont quand même entre les mains de l’Etat. La réponse policière est indispensable mais pas suffisante, on a besoin de soutien pour développer nos activités, pour l’éducation la culture, le sport."

Il réclame également une rencontre avec le ministre de l’Intérieur pour régler au plus vite cette situation.

Claire Checcaglini (avec J.A.)