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A quoi ressembleront les transports en commun du futur?

Chaque matin, Anthony Morel nous présente des tendances et astuces tech.

C’est un véhicule à mi-chemin entre un train et une voiture électrique qui doit révolutionner notre manière de se déplacer. Ça s'appelle l’Urbanloop. C’est un projet porté par quatre écoles d’ingénieurs du côté de Nancy, et qui a battu ce week-end un record du monde: celui de la plus faible consommation énergétique pour un véhicule sur rails. Ce moyen de transport prend la forme de petites capsules électriques qui peuvent embarquer un ou deux passagers, ou une personne avec un vélo. Mais montée sur des rails, à l’intérieur du tube, comme un tunnel transparent électriques, et complètement autonomes. Il y aurait des stations un peu partout en centre-ville… Vous entrez dans la capsule, vous entrez votre destination et le véhicule va vous y amener à 60km/h environ, sans arrêt ni correspondance.

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C’est le gros avantage par rapport à un train ou un métro par exemple, on est tout seul et on ne perd pas de temps en freinage et en redémarrage. En fait, les rails forment des boucles interconnectées, et ce sont des algorithmes qui vont optimiser tout ça en temps réel: les trajets, optimiser les vitesses, approvisionner toutes les stations en capsules, délester les boucles surchargées. L’enjeu serait de fluidifier la circulation et de réduire le trafic automobile. Le projet est séduisant sur le papier, mais ça nécessite quand même un aménagement urbain spécifique, notamment le fait d’avoir des rails un peu partout. Il pourrait notamment être utilisé au moment des JO de Paris 2024.

Le taxirail pour les zones rurales?

C’est loin d’être le seul projet de ce genre. Ça fait un peu penser, en plus cheap, mais aussi en plus réaliste au projet hyperloop, imaginé par Elon Musk et testé par de nombreuses entreprises à travers le monde. Ce véhicule ultra-futuriste qui circule sur des coussins d’air pressurisés et à l’intérieur d’un tube sous vide à 1200 km/h soit quatre fois la vitesse de nos bons vieux TGV. Seulement, voilà, les expérimentations se multiplient, il y a plusieurs projets à travers le monde, y compris en France, mais ils tardent à arriver. Trop cher, techniquement extrêmement compliqué à mettre en place. Certains experts y voient un serpent de mer, voire une escroquerie. D’où l’idée d’avoir des transports moins ambitieux et futuristes, peut-être, mais probablement un peu plus proche de nous et surtout beaucoup moins coûteux.

Et puis un autre concept de transport en commun étonnant qui pourrait sauver les petites lignes de train abandonnées: le taxirail. Pour le coup, ce n’est plus pour les centre-villes, c’est plutôt pour les zones rurales, mais c’est un concept très ingénieux, français là encore, de train autonome léger. Il a été testé là encore dans l’Est de la France. Ce sont des capsules autonomes, qui ressemblent à un peu à des œufs dans les stations de ski, pouvant embarquer jusqu’à 40 passagers sur des lignes inutilisées et roulant à l’hydrogène. En heures pleines, ça fonctionne comme un train classique, avec des horaires. Et en heures creuses, c’est à la demande. On pourrait réserver le train via une application, comme un taxi, 7j/7 et 24h/24 avec une poignée d’autres passagers. Ensuite, c’est une IA qui va optimiser les trajets, les correspondances avec les lignes de train classiques. Le coût est quasi nul puisqu’on utilise des infrastructures déjà existantes.

Anthony Morel