RMC

Alstom: "On n'est absolument pas rassurés"

-

- - AFP

Alors que le PDG du constructeur ferroviaire a décidé, ce lundi, de suspendre son projet de fermeture du site de Belfort, préférant attendre le plan du gouvernement, les salariés du groupe ont appelé à la grève ce mardi.

Alstom suspendu aux lèvres du gouvernement. Henri Poupart-Lafarge, le PDG du groupe, après la première réunion avec les syndicats depuis l'annonce de la fermeture du site de Blefort, a indiqué, ce lundi qu'il suspendait ce projet de fermeture, préférant attendre le plan du gouvernement. Pour autant, pas de quoi réjoui les syndicats pour qui cette réunion "n'a servi à rien". Dès lors, ils n'ont qu'un très mince espoir de voir repartir l'activité, comme l'explique Philippe Pillot, délégué Force Ouvrière du groupe.

"Pas de perspectives flamboyantes"

"Au départ, la fermeture était présentée comme inéluctable. Maintenant, la direction a revu sa position par rapport à ce site, souligne-t-il. On sent qu'il y a une recherche d'une solution avec le gouvernement. Mais il n'y a tout de même pas de perspectives vraiment flamboyantes pour Belfort. C'est clair. Sur ce sujet-là, cela ne change pas. Est-ce que c'est satisfaisant de faire vivre l'établissement un ou deux ans de plus? S'il n'y a pas de nouvelles perspectives avec d'autres produits, les mêmes questions se poseront".

"On n'est absolument pas rassurés, assure de son côté Christian Garnier, délégué CGT. Le patron a parlé de gel, mais d'une semaine. On n'attend donc pas grand-chose du gouvernement. Ils peuvent toujours annoncer des commandes, nous ce que l'on veut ce sont des engagements concrets. On appelle donc les salariés à continuer à se mobiliser parce que l'on reste persuader, naïfs que nous sommes, que nous avons besoin d'un site de fabrication de locomotives en France pour les futurs trains".

"Une image très forte"

En effet, à l'appel de l'intersyndicale, l'ensemble des salariés d'Alstom sont appelés mardi à faire grève et à manifester au siège du groupe. Ils vont donc venir à Paris dans un TGV spécialement affrété pour eux (52.000 euros payés par les collectivités locales, la mairie, le conseil régional et le conseil général des territoires de Belfort et les syndicats, ndlr). Pour Damien Meslot, maire LR de Belfort, cette arrivée des salariés en TGV spécial, est tout un "symbole": "C'est le symbole de la technologie et du savoir-faire du site de production de Belfort. C'est donc la technologie d'Alstom-Belfort que l'on va amener au pied du siège social de l'entreprise".

"C'est une image très forte à laquelle les organisations syndicales et les salariés tenaient particulièrement, estime aussi Olivier Kohler, délégué syndical CFDT chez Alstom à Belfort. Ce déplacement à Paris on voulait vraiment le faire en TGV parce que c'est le fleuron de Belfort. Tout le monde connaît le TGV, tout le monde connaît sa rapidité. C'est donc une symbolique très importante".

M.R avec T. Chupin et A. Perrin