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"C'est une injustice": un chauffeur de car viré pour avoir voulu rendre service à une famille

Pour éviter qu’une collégienne de Haute-Vienne traverse plus de 600m dans un fossé, sans lumière, entre chez elle et son arrêt de bus, un chauffeur de car scolaire avait pris l’habitude de venir la chercher et la déposer devant sa maison, située sur le trajet. Cet acte de bon cœur a été sanctionné: l’homme de 70 ans a été licencié.

Il a voulu rendre service et il a été sanctionné. Un chauffeur de car, âgé de 70 ans, a été licencié en Haute-Vienne parce qu’il avait pris l’habitude d’aller chercher et de déposer une collégienne directement devant sa maison, située sur le trajet du car.

Il n'avait pas pris cette décision sans raison, comme l'a révélé Le Populaire du Centre: cela évitait à l'adolescente de marcher pendant 600m, le long d'une départementale étroite à double sens, au lieu-dit Entrecolles, aux Billanges.

"Il n'y a pas d'éclairage public, il n'y a pas de trottoir. C'est une route passante car il y a tous les gens qui vont travailler à Limoges donc c'est extrêmement dangereux", décrit Christelle Nozière, la mère de l'adolescente, dans "Apolline Matin" ce mercredi sur RMC et RMC Story.

Licenciement sans préavis après 17 ans de service

"Il faut qu'elle marche dans le fossé et ça, je m'y refuse. Il a quand même du bon sens cet homme donc ça me semble être une injustice", poursuit la mère de cette adolescente de 12 ans.

Elle dit avoir signalé à plusieurs reprises la dangerosité de ce chemin, en vain. "J'avais fait deux demandes de dérogation pour obtenir un point d'arrêt, qui ont été refusées", ajoute-t-elle.

Le chauffeur de 70 ans, sans pension de retraite, a donc été licencié sans préavis, après 17 ans de service, à cause de ces "arrêts sauvages", selon sa nouvelle direction.

"Ça me fait de la peine de ne plus être avec ces enfants. Selon moi, ce n’est pas grave de m’arrêter pour préserver la sécurité des enfants. C’est totalement ridicule, je passe devant cette maison", affirme Damien Tabard, le chauffeur.

Le chauffeur, qui s'occupait de ce même trajet depuis très longtemps, était très apprécié des parents d'élèves et des enfants. "Il est très à cheval sur la sécurité et les enfants l'aodrent. Il y en a qui ont pleuré dans le car quand ils ont su que leur chauffeur, ça ne serait plus lui. Les enfants sont attachés à leur chauffeur", souligne Christelle Nozière.

La mère de l'adolescente menace de porter plainte

La région, responsable des transports scolaires, soutient ce licenciement. À la suite de l’appel de RMC, le vice-président de la région Nouvelle-Aquitaine s'est engagé à se rendre sur place d'ici les vacances de Noël pour trouver une solution sécurisée pour le car et la collégienne.

De son côté, la mère de famille menace de porter plainte si le car ne s'arrête plus devant le portail de la maison familiale.

AB avec Nicolas Traino