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"C'était un super gars, sans histoire": l'émotion à Bayonne après la violente agression d'un chauffeur de bus

Agé de 59 ans, Philippe a été roué de coups et grièvement blessé à la tête dimanche soir: il aurait refusé la montée dans son bus à ses agresseurs qui ne voulaient pas porter de masque. Ses collègues sont révoltés.

"Je sais qu'il a voulu faire son boulot consciencieusement": Gilles connaissait bien Philippe, le chauffeur agressé. Les deux hommes ont grandi ensemble à Bayonne: "C’était un super gars de la rive droite, qui a joué au foot, qui a fait du sport, qui était très bien avec tout le monde... Il était reconnu. Il aimait son boulot, il faisait son boulot, il livrait des fleurs..." 

Tout a basculé dimanche soir: ce chauffeur de bus se trouve en état de mort cérébrale après avoir été roué de coups par un ou plusieurs passagers à un arrêt, une agression pour laquelle cinq personnes étaient en garde à vue.

Agé de 58 ans, marié, père de trois filles, Philippe avait plein de projets avec son épouse. "L’année prochaine, il devait partir à la retraite, il y a quelques jours il m’a dit qu’il voulait acheter un camping-car, pour partir avec sa femme, il a toujours tout fait pour sa femme, il a toujours tout fait pour sa famille, c’était un super gars, sans histoire..." défend Gilles sur RMC.

"On ne veut pas partir entre 4 planches comme notre collègue"

Collègue de travail, Jean-Marc Duhalde est aujourd'hui contrôleur dans cette compagnie de bus. Chauffeur pendant 15 ans, comme beaucoup, il dénonce lui aussi une violence gratuite: "Philippe a voulu faire son boulot consciencieusement, je sais que Philippe a voulu faire son boulot jusqu’au bout. Malheureusement il y a perdu la vie, c’est totalement inadmissible et c’est cela qui nous écoeure aujourd’hui".

Lundi, en signe de protestation, les chauffeurs ont exercé leur droit de retrait. Laurent Weber, délégué CGT, estime qu’il y a des limites à ne pas franchir: "Notre métier, on l’aime, tous les chauffeurs qui sont là, ils aiment leur métier. Mais ce qui est sûr, c’est qu’on ne veut pas partir entre 4 planches comme notre collègue qui va partir, et ça c’est stop, on ne veut plus que cela se reproduise dans notre entreprise". 

L’enquête de flagrance a été confiée aux policiers de la Sûreté urbaine de Bayonne, elle doit permettre de faire toute la lumière sur cette affaire: connaître les raisons qui sont à l’origine de cette agression.

Le parquet de Bayonne a lancé un appel à témoins: les enquêteurs cherchent toute personne ayant pris la ligne T1 entre la gare de Bayonne, où sont montés les suspects, et l'arrêt Balishon entre 19h et 19h15. Voici le numéro à contacter : 05 59 46 22 22.

Jean-Wilfried Forquès avec Xavier Allain