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Carte IDTGVMax supprimée: "rendez-nous notre carte, c’est tout ce qu’on réclame", râlent les usagers

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- - AFP

Fin janvier, la SNCF a annoncé que sa carte IDTGVMax, qui permet de voyager sur ses lignes en illimité pour 65 euros par mois, allait être remplacée par une autre offre… réservée aux moins de 27 ans. Depuis, les 10 000 titulaires de ce sésame se mobilisent pour tenter de conserver leur carte. Une pétition en ligne a même recueilli plus de 6000 signatures.

Barbara Laurent (33 ans), est chanteuse. Détentrice d’une carte IDTGVMax, elle a lancé une pétition pour protester contre la suppression par la SNCF de cette carte illimitée.

"Cette offre est géniale: elle coûte 65 euros par mois et on peut voyager en illimité sur tous les trains IDTGV en France, au départ ou à destination de Paris. Depuis deux ans que cette carte existe, cela a permis, en fonction de nos métiers, d’adapter nos vies. Je suis chanteuse, originaire de Toulon, je viens d’emménager à Paris, j’ai encore des contrats dans le Sud, je peux faire mes allers-retours sans problème. Avec un abonnement Fréquence, ça coûterait entre 500 et 700 euros par mois.

Il y a pleins d’autres gens qui se sont adaptés. Chez des parents divorcés, le papa qui prend la carte pour aller voir ses enfants quand il veut, par exemple. C’est ça le problème: on s’est adapté et là, comme ça, le 25 janvier, la SNCF nous envoie un mail on nous disant ‘c’est fini, on fait une nouvelle offre TGVMax, réservée aux moins de 27 ans, merci à tous, c’était cool’. A la base, mon abonnement durait jusqu’au 27 avril. Comme ils ont vu qu’on était un peu remonté, ils nous ont octroyé un mois supplémentaire. La SNCF est donc OK pour s’asseoir sur 600 000 euros.

Cette limite d’âge est très dure à avaler. Si encore on nous avait dit que la carte n’était pas viable, ou qu’elle ne marchait pas, c’est une chose. Mais ils ont testé cette formule pendant deux ans sur nous, elle a fonctionné, donc ils reprennent la même offre pour cibler spécifiquement une clientèle qui n’a pas l’habitude de prendre le train, parce qu’ils font du Blablacar. Il y a 10 000 personnes qui se sont sentis très vieux d’un coup.

C’est ça le problème. Une société a le droit de terminer une offre, elle fait ce qu’elle veut. Mais la manière n’a absolument pas été respectée. On a tous organisé nos vies par rapport à cette carte. Donc là, on ne joue plus. C’est pour ça qu’il y a une pétition, que tout le monde est remonté. La SNCF a voulu créer une communauté de "max trotters", là elle y est la communauté.

"Sur les 10 000 titulaires, on est 7 000 à être âgés de plus de 27 ans"

On attend des propositions. Ils nous ont dit clairement qu’ils voulaient arrêter l’offre et qu’ils ne nous basculeraient pas sur TGV Max. Sauf que c’est ce qu’on demande! On ne veut pas du bricolage. Rendez-nous notre carte, c’est tout ce qu’on réclame. Sur les 10 000 titulaires, on est 7 000 à être âgés de plus de 27 ans. Qu’est-ce que ça va leur coûter de nous basculer sur l’autre offre? Pour l’instant, ça leur coûte surtout une très mauvaise presse. Ils ont cru qu’on n’allait rien dire, qu’on allait se laisser faire.

Ils se sont excusés, et nous ont dit qu’ils n’avaient pas saisi l’importance que cela avait dans nos vies. Le père divorcé il va dire quoi à ses gamins? ‘Excusez-moi les enfants, je ne viens plus vous voir, IDTGVMax, ça n’existe plus’? Désolé, ça ne marche pas comme ça. Sincèrement, la SNCF est pleine de bonne volonté, on sent qu’ils veulent nous aider. Mais s'ils veulent nous aider, qu’ils nous maintiennent notre carte. Il n’y a pas 50 solutions, c’est très simple. On ne lâchera pas l’affaire".

Propos recueillis par Antoine Maes