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Ces voitures qui seront capables de rouler toutes seules dans la neige

C'EST DEJA DEMAIN - Des voitures qui seraient capables de conduire toutes seules sous la neige pour aider un automobiliste en difficulté et éviter les accidents. Ce sera bientôt une réalité.

La neige, c’est le défi ultime en matière de voitures autonomes et d’aide à la conduite en général. Notamment parce que les flocons recouvrent les caméras du véhicule, l’IA ne comprend ces parasites qui tombent devant elle, ne voit plus les marquages au sol, et donc la voiture se retrouve complétement aveugle. Sans compter le freinage, les accélérations. Hyper délicates à gérer pour un robot.

Mais plusieurs startups ont trouvé la parade. Des voitures intelligentes, capables de rouler sans aucun problème sous la neige ou dans le brouillard et d’aider le conducteur parisien en panique. Comme Sensible4, une startup finlandaise, pays où les conditions sont idéales pour tester leur technologie.

Ils ont mis au point un algo capable de circuler même si les capteurs ne recueillent que 10% des données habituelles. Ils ont rendu autonome une Twizy qui roule par -27°C sous la neige de Laponie, comme si de rien n’était. Autant vous dire qu’elle est prête quand il y a 5 cm de neige à Paris.

Des assistances à la conduite?

Autre technologie : des radars capables d’analyser ce qui se passe non pas sur, mais sous la route : en envoyant des impulsions électromagnétiques dans le sol, on va analyser en continu la composition du sol, terre, roche, racines. et comparer cette empreinte unique à une carte déjà existante. Plus besoin de voir devant elle, la voiture sait exactement où elle est.

Sans aller jusqu’à l’idée que chacun d’entre nous ait une voiture complétement autonome, ce qui va probablement prendre beaucoup plus de temps que prévu, ce sont des briques de technologie qui pourraient s’installer dans des voitures classiques, sous forme d’assistance à la conduite : la machine pourrait par exemple reprendre la main ou guider le conducteur en tournant légèrement le volant en cas de chutes de neige ou de verglas. Une technologie qui pourrait aussi s’installer dans des navettes autonomes, pour les aéroports par exemple ou encore des véhicules de livraison qui pourraient rouler par n’importe quel temps.

Et puis aux Pays-Bas, on réfléchit à des marquages au sol d’un genre nouveau. Capables d’alerter l’automobiliste en cas de verglas

Le projet s’appelle smart highway. Le principe : injecter de l’intelligence dans les routes, ces antiquités de bitume. Cette fois les marquages au sol revêtus d’une peinture spéciale qui va réagir à la température.

En cas de grand froid par exemple, vous allez voir apparaître directement sur la route, pendant que vous conduisez, des images lumineuses de flocons de neige, pour vous indiquer de faire attention au verglas. Les lignes au sol sont aussi revêtues de peinture électroluminescente. Le jour, elles emmagasinent de l’énergie en captant la lumière du soleil, et la nuit elles s’illuminent. Beaucoup plus économe –et efficace- que d’éclairer les routes avec des lampadaires.

En cas de grand froid, la voiture de demain va nous chouchouter

Avec par exemple un système de chauffage intelligent qui s’adapte au niveau de frilosité de chaque passager. Elle va se transformer en une sorte de cocon individuel pour chacun des passagers. Aujourd’hui pour le chauffage, tout le monde est logé à la même enseigne, c’est la même température pour tout le monde.

Demain, la voiture sera capable d’analyser les besoins spécifiques de chacun des passagers et de s’y adapter, parce qu’on n’est pas tous frileux de la même manière. C’est l’équipementier Valeo qui travaille sur cet habitacle que j’ai pu tester, équipé de biocapteurs et de caméras.

Le système informatique de la voiture va voir qu’à la place du passager se trouve un homme, est-ce qu’il est très habillé ou pas, quel est son rythme cardiaque –ce qui peut indiquer un niveau de fatigue et donc une sensibilité au froid-, sa morphologie aussi.

Et en fonction de tout ça, l’habitacle va envoyer précisément à la place où je suis assis un niveau de chaleur qui ne sera pas le même que celui qui est assis à côté de moi : par exemple, la voiture a détecté que j’étais plutôt maigre avec un t-shirt, alors que mon voisin est plus costaud et porte une doudoune, la chaleur qui va être diffusée ne sera pas la même pour lui et pour moi.

Ce sont des panneaux thermiques intégrés dans les portières qui vont diffuser cette chaleur ciblée. Dernier point de détail : une caméra placée sur le volant analyse le niveau de fatigue du conducteur. Et s’il détecte que je commence à m’assoupir, il me réveille avec une bonne odeur de café diffusée dans l’habitacle.

Anthony Morel (avec J.A)