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Dieselgate Renault: "on paie plus cher pour une voiture plus écologique, et ça ne sert à rien!"

La direction de Renault a opposé un démenti formel aux soupçons de triche aux tests d'homologation de certains de ses moteurs, révélés mercredi par la répression des fraudes. Mais les clients, eux, se sentent déjà floués, comme l'a constaté RMC.

Ils se sentent floués, les propriétaires de Renault Captur et de Clio IV, les modèles les plus touchés par les soupçons de fraudes qui pèsent sur la marque automobile. Le constructeur français est suspecté par la DGCCRF d'avoir mis en place un logiciel "ayant pour objectif de fausser les résultats de tests antipollution" de certains moteurs essence et diesel afin de respecter les normes réglementaires. Des "stratégies frauduleuses" qui seraient en place depuis plus de 25 ans.

C'est à la suite du scandale Volkswagen en Allemagne que le gouvernement avait mandaté la Direction générale de la concurrence de la consommation et de la répression des fraudes pour enquêter sur les marques automobiles commercialisées en France. Si Renault dément "catégoriquement", les consommateurs, eux, s'estiment trompés par la marque.

"On s'est dit qu'on avait bien fait d'acheter Renault et finalement…"

Quand elle a changé de voiture il y a 3 ans, et opté pour une Renault Captur, Pauline n'a pas choisi au hasard. "Le fait que c'était une voiture qui allait moins polluer l'environnement, c'était une raison pour nous d'acheter ce modèle". Alors quand on lui apprend les soupçons de fraude qui pèse sur ce modèle, la jeune femme se met en colère. "On paie plus cher pour avoir l'option écologique, alors ça veut dire qu'on l'a payé pour rien, finalement ! On a bien rigolé quand il y a eu le scandale Volkswagen, en se disant: 'heureusement on en n'a pas une parce qu'on polluerait complètement la planète'. Et là, c'est la même chose pour notre Renault".

"Les consommateurs peuvent espérer une indemnisation"

Une colère qui pourrait bien se traduire par une plainte en justice. C'est en tout cas ce que recommande aux clients trompés Charles Constantin-Vallet, avocat des affaires. "En fonction de ce que donnera l'enquête sur Renault, les consommateurs peuvent espérer une indemnisation correspondant à un pourcentage du prix du véhicule. Mais ils pourraient aussi solliciter, dans le cadre d'une procédure spécifique, une annulation de la vente et une restitution du prix". Lui défend déjà plusieurs centaines de consommateurs qui ont déposé plainte contre Volkswagen et espère bien obtenir réparation.

P. Gril avec Marie Régnier