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"Dupin Quotidien": quelles portions d'autoroutes vont augmenter leurs tarifs aux péages?

Quelles portions d'autoroutes vont augmenter leurs tarifs aux péages ?

Quelles portions d'autoroutes vont augmenter leurs tarifs aux péages ? - RMC

Votre Ce 1er février, comme chaque année, le tarif des péages augmente. Quelles autoroutes sont concernées? Les explications de Marie Dupin.

C'est une hausse qui va plomber le pouvoir d'achat des automobilistes, et mettre en difficulté les transporteurs. Les tarifs des péages des quelques 9000 kilomètres d'autoroutes de France augmentent fortement à partir du 1er février. Les chiffres viennent juste d'être publiés au Journal Officiel.

Il faudra débourser au minimum 1,03% supplémentaires pour les autoroutes de la Maurienne, par exemple. La hausse sera de 0,4% pour les autoroutes de la région Rhône-Alpes. Ainsi, par exemple, pour rejoindre Lyon depuis Montpellier, il faudra payer 27 euros au lieu de 25,20€ l'année dernière. 

Mais il y aura des augmentations encore plus importantes sur le réseau secondaire, jusqu'à 4% d'augmentation. Par exemple, le concessionnaire A’lienor qui gère l’A65 (sur l’axe Bordeaux-Pau) augmente de 3,5%. Il en coûtera donc désormais 23,40 euros (soit 80 centimes de plus) pour l’emprunter entre Langon et Lescar. Or, c'était déjà l’une des autoroutes les plus chères de France. Son prix a augmenté de 19% en sept ans. 

Pourquoi ces augmentations?

L'an dernier la hausse avait été de seulement 1% en moyenne. Pour expliquer cette forte augmentation, les sociétés d'autoroute mettent en avant l'inflation. Elles compensent aussi la hausse de la redevance domaniale versée à l'Etat. Mais ces hausses sont aussi censées financer le coût des travaux d'entretien du réseau. Des travaux supplémentaires qui vont au-delà des engagements pris dans le cadre des contrats signés avec l'Etat. Sauf qu'en juin dernier l'Arafer, l'autorité qui régule les activités routières, avait rendu un avis très critique sur les hausses prévues. Selon cette autorité, ces "augmentations de tarifs excèdent le juste niveau qu’il serait légitime de faire supporter aux usagers"...

Vraiment justifiées?

C'est ce qui ressort de l'avis de l'Arafer, mais cet avis n'est que consultatif, il n'est pas contraignant. Et ça n'est pas facile de s'attaquer à cette question. En 2015, Ségolène Royal avait décidé de geler les tarifs suite à un rapport de l'autorité de la concurrence sur les "rentes des sociétés d'autoroute". Ce gel avait entraîné 500 millions d'euros de manque à gagner pour les sociétés d'autoroute. Mais le gouvernement de Manuel Valls avait fini par faire marche arrière en invoquant des risques juridiques, et ce sont les automobilistes qui devront en quelque sorte rembourser ces 500 millions d'euros entre 2019 et 2023. Autant dire qu'on n'en a pas fini avec les hausses de tarifs...

Marie Dupin et X.A