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Fin des régimes spéciaux à la SNCF? "C'est grotesque, c'est de la communication à la Macron"

Dans un entretien accordé à des cheminots début juillet, et passé inaperçu, Emmanuel Macron a exposé les grandes lignes de son plan de réforme de la SNCF. Il souhaite notamment supprimer les régimes spéciaux de retraite des cheminots en échange de la reprise de la dette de l'entreprise.

La SNCF s'invite dans la rentrée sociale. Le 1er juillet dernier, Emmanuel Macron, en présence du PDG de la SNCF Guillaume Pepy, a répondu aux questions d'une dizaine de cheminots dans le TGV inaugural Le Mans-Rennes.

Le président de la République a exposé les grandes lignes de son plan pour "construire la SNCF du XXIème siècle". Proposition explosive, Emmanuel Macron souhaite, par exemple, supprimer à partir de l'an prochain le régime spécial de retraite des cheminots. En échange de quoi, il propose "un grand deal" avec l'entreprise en reprenant sa dette colossale de 44 milliards d'euros.

"C'est du chantage"

Pour Sud Rail, c'est hors de question. "C'est grotesque, c'est de la communication à la Macron, c'est-à-dire que j'envoie des paroles et quand ça va retomber je verrai ce que ça fait. C'est du chantage de dire qu'il va falloir abandonner le statut en échange de la dette, c'est une aberration. Il ne se rend pas compte à quel point ses déclarations inquiètent. Beaucoup de gens entrent à la SNCF parce qu'ils savent qu'ils gagneront moins d'argent que dans le privé mais ils pourront prendre leur retraite un peu plus tôt", déplore Bruno Poncet, secrétaire fédéral de Sud Rail.

Mercredi, Christophe Castaner, le porte-parole du gouvernement, a tempéré les paroles du chef de l'Etat, assurant qu'il ne s'agit que de pistes de réflexion. Des pistes qui figuraient néanmoins dans le programme du candidat Macron.

L'Europe prévoit une ouverture à la concurrence le 3 décembre 2019 pour les TER et trains d'équilibre du territoire gérés par les régions et l'Etat, et à partir du 1er janvier 2019, pour une application effective à partir de 2021, pour les TGV.

Juliette Droz (avec P.B.)