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Fin du statut de cheminots: Samantha, jeune conductrice de train, "n'a pas fait tout ça pour rien"

De nombreux cheminots, toutes générations confondues, se disent prêts à se battre pour conserver ce statut particulier.

Peut-on toucher à ce "totem"? Lundi, le Premier ministre a annoncé lundi vouloir recourir aux ordonnances pour faire adopter, "avant l'été", une réforme de la SNCF prévoyant, entre autres, la fin du statut de cheminot pour les nouvelles recrues. Aussitôt, la CGT-Cheminots, premier syndicat, a envisagé "un mois de grève". La CFDT, propose, elle, une "grève reconductible à partir du 14 mars". 

Ces annonces tombent à un moment-clé pour Samantha, conductrice de train SNCF, depuis seulement un mois:

"On aime notre travail. Si on le fait, c'est qu'on l'aime. Malgré les contraintes. J'ai des horaires en décalé, je ne dors pas souvent chez moi. J'ai passé un an de formation très difficile. Je n'ai pas fait tout ça pour rien! Je suis prête à faire plusieurs jours de grève si nécessaire. Je ne suis pas la seule dans ce cas-là, on est beaucoup de collègues révoltés. On se battra pour défendre notre métier et défendre les conditions de travail" confie-t-elle sur RMC.

Autant de raison pour ne pas lâcher, selon SUD-Rail, où la mobilisation s'organise déjà. Et ici, "La base, c'est l'unité syndicale". Pour l'un des délégués, Fabien Villedieu, le statut actuel permet d'attirer et de fidéliser les futurs cheminots:

"S'ils remettent en cause le statut, la SNCF n'arrivera plus à embaucher. Ce sont des gens en moins pour conduire les trains, des gens en moins pour des postes d'aiguillage, pour les gares... Ca entraîne automatiquement une baisse de qualité de service" estime-t-il.
Marie Monier et X.A