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Fuite de Carlos Ghosn: "C'est assez humiliant pour le système japonais"

L'ex-PDG de Renault-Nissan, qui préparait son procès en liberté conditionnelle au Japon, a confirmé mardi se trouver au Liban d'où il promet de parler librement à la presse, laissant abasourdie son équipe de défense nippone.

Coup de tonnerre dans l'affaire Carlos Ghosn: le magnat déchu de l'automobile a confirmé s'être enfui au Liban. Il était jusque-là assigné à résidence à Tokyo où il préparait son procès en liberté conditionnelle. Il est inculpé d'abus de confiance et de dissimulation de revenus.

"Je pense que très peu de personnes étaient dans la confidence de ce départ. Les propos de son avocat sont très clairs sur ce point. Le procureur japonais indique également qu'il n'était pas au courant. Tout indique qu'il a échappé à la justice d'une façon dont on ne connait pas encore les détails, alors qu'il était assigné à résidence de façon très restreinte", estime Bertille Bayart, rédactrice en chef du service économie du Figaro et autrice du livre Le piège, enquête sur la chute de Carlos Ghosn.

"Il embarrassait tout le monde"

Quelle sera la réaction du Japon? "Carlos Ghosn embarrassait tout le monde en France et au Japon. Cela dit, ça ne va pas s'arrêter avec sa fuite. C'est une affaire dont on va continuer à parler. Le Japon ne savait plus trop comment gérer cette situation. La fuite de Carlos Ghosn est assez humiliante pour le système japonais, je ne sais pas si ça pourra rester sans réaction de leur part", analyse la journaliste.

Celui qui avait été salué comme "le sauveur de Nissan" après son arrivée dans le groupe japonais en 1999 a passé au total 130 jours en prison entre novembre 2018 et avril 2019, en cumulant garde à vue et détention provisoire.

Carlos Ghosn, qui fut le chef d'entreprise le mieux payé au Japon, fait l'objet de quatre inculpations dans ce pays: deux pour des revenus différés non déclarés aux autorités boursières par Nissan (qui est aussi poursuivi sur ce volet), et deux autres pour abus de confiance aggravé.

P.B.