RMC

Homme abattu à Orly: "Les militaires de l’opération Sentinelle sont confrontés au danger et à la menace"

Le colonel Benoît Brulon, porte-parole de l'opération Sentinelle.

Le colonel Benoît Brulon, porte-parole de l'opération Sentinelle. - BFMTV

Ce samedi matin, un homme de 39 ans a tenté de s'emparer de l'arme d'un militaire de l'opération Sentinelle à l'aéroport d'Orly. Il a été abattu. Il s'agit de la deuxième attaque, après celle du Louvre, qui vise les militaires en patrouille. Le colonel Benoît Brulon, porte-parole de l'opération Sentinelle, revient sur ces attaques pour RMC.fr.

Le colonel Benoît Brulon, porte-parole de l'opération Sentinelle, revient sur l'attaque contre un militaire au terminal Sud de l'aéroport d'Orly, survenue ce samedi matin. 

"Une agression extrêmement violente est survenue ce samedi à l'aéroport d'Orly, contre une patrouille de trois soldats, dont un, un soldat féminin, qui a été mis au sol par l’agresseur. Ses deux camarades ont riposté et neutralisé l'homme. Une enquête de justice est désormais en cours.

Nos soldats sont engagés dans la lutte antiterroriste. Dans ce cadre, ils sont confrontés au danger et à la menace. Aujourd’hui, ce qui a payé, c’est que l’entraînement dont ils bénéficient porte ses fruits. La maturité opérationnelle, la capacité et la connaissance de nos soldats de leur mode d’action ont permis de neutraliser l’agresseur.

"L'intervention de ce matin a prouvé que les militaires étaient au bon endroit, au bon moment"

Les militaires ont montré, il y a quelques semaines au Louvre, ou ce matin à l’aéroport, que la menace reste très forte, mais qu’ils possèdent les capacités opérationnelles et le sang froid pour faire face à ces situations extrêmement violentes. 

Les militaires participent à la protection de cet aéroport, par des patrouilles qui ont pour but d’assurer une présence sécuritaire des terminaux. Ils sont en mesure et en capacité d’intervenir en cas de danger ou en cas d’attaque terroriste. L’intervention de ce matin a prouvé que ces militaires étaient au bon endroit au bon moment. Ils ont ainsi pu assurer la sécurité des passagers présents dans le terminal.

"La coopération avec les forces de l'ordre est permanente"

L’opération Sentinelle montre tous les jours son efficacité, sa pertinence. Les militaires n’ont pas choisi cette opération, ils obéissent aux ordres qui leur sont donnés et se déploient dans les conditions dans lesquelles on leur demande de se déployer.

En outre, la coopération avec les forces de l’ordre est permanente. Nos soldats sont engagés sur les réquisitions du le préfet de police de Paris. Dans ce cadre, la coordination reste extrêmement importante à tous les niveaux. Depuis deux ans, on a pris l’habitude de travailler avec les forces de sécurité intérieure, en pleine complémentarité, pour garantir la sécurité de nos concitoyens.

"Il n'y a pas deux luttes contre le terrorisme"

Aujourd'hui, les modes d’action de Sentinelle ont beaucoup évolué: au départ, c’était une opération plutôt statique. Elle est ensuite devenue plus dynamique, ce qui la rend moins contraignante et moins difficile pour les soldats, qui l'acceptent mieux. Certes, il s'agit d'une mission fatigante: ce n’est pas simple d’assurer une présence quotidienne sur des sites à l’extérieur, de patrouiller, et d’avoir surtout une attention permanente aux signaux faibles.

Mais on a réussi à trouver un rythme opérationnel qui permet aux militaires d'avoir à la fois des temps de repos, de continuer à faire de la formation, et de continuer à être engagés en opérations extérieures. En outre, l’ennemi contre lequel on se bat en opérations extérieures et celui contre lequel on se bat sur le territoire national reste le même. Il n’y a pas deux luttes contre le terrorisme, mais une seule, qui reste la même pour tous.

"Les militaires ne sont pas des aimants à terroristes"

L’opération Sentinelle regroupe 7.000 hommes dont 3.500 en Île-de-France. Ce chiffre peut être augmenté à 10.000 hommes en cas de nécessité. Ce sont des dispositifs déjà très puissants: leur mobilité et leur plasticité leur permettent de s’adapter au mieux à la vie de nos concitoyens. On ne protège plus des portes fermées de bâtiments, on est maintenant au milieu de la foule, au milieu des concitoyens.

Penser que nos soldats qui patrouillent dans des aéroports, des gares, devant les écoles, dans des zones densément peuplées puissent indiquer les endroits pouvant être attaqués, cela n’a pas de sens. Nos soldats sont présents à ces endroits parce que c’est justement là que pèsent les menaces. Ce n’est pas parce que nos soldats étaient présents à Orly ce matin que le terroriste s’est précipité sur Orly.

Au contraire, si nos soldats ne patrouillaient pas sur place, comme au Louvre, il y aurait fort à parier que l’agresseur se serait retourné contre des civils, des touristes, ou encore des passagers de compagnies aériennes. Les militaires ne sont pas des aimants à terroriste, bien au contraire."

Propos recueillis par Alexandra Milhat