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"L'état des routes est un problème relatif" estime Emmanuel Barbe

Emmanuel Barbe, le délégué interministériel à la sécurité routière, s'est exprimé ce vendredi sur l'état des routes françaises au micro de RMC.

Nids-de-poule, affaissement des ponts, viaducs en travaux... De nombreuses routes de France sont en mauvais état. Et ça ne va pas aller en s'améliorant: selon un rapport d'audit externe commandé par le gouvernement, 60% des chaussées seront très dégradées d'ici 2037 si aucun changement majeur de politique sur les infrastructures n'est opéré dans les années à venir.

"L'état des routes représente à peine 3% des accidents"

Mais pour Emmanuel Barbe, le délégué interministériel à la sécurité routière, l'état des routes n'est pas un sujet de préoccupation majeure, compte tenu de sa faible influence sur les accidents.

"C’est un problème relatif en matière de sécurité routière", juge-t-il sur RMC. "Les accidents qui ont pour cause unique et directe les routes il n’y en a pas beaucoup, à peine 3%. En fait, 90% des accidents ont pour cause une erreur ou une faute humaine", avance-t-il.

"Les plus belles routes sont 3,5 fois plus mortelles"

Selon lui, certaines routes se révèlent plus clémentes que d'autres en cas d'accident. Et les incidents seraient moins fréquents sur les chaussées dégradées, contrairement à ce que l'on pourrait imaginer.

"Le point qui est important en sécurité routière c’est le concept de route pardonnante. C’est-à-dire que quand il y a une faute humaine, il y a des routes qui pardonnent plus que d’autres", explique-t-il. 
"Le paradoxe, c’est que les routes les plus belles routes de France sont 3,5 fois plus mortelles que les autres. Parce que comme elles sont belles, on y roule plus vite. Le vrai facteur de dangerosité en sécurité routière c’est la vitesse. (...) Quand les routes sont en mauvais état les gens roulent doucement", conclut-il.
Bourdin Direct