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Le gouvernement prêt à reculer sur les 80km/h: "Il était temps", pour le sénateur Michel Raison

Après le président de la République, le Premier ministre Edouard Philippe s'est dit ouvert à des aménagements sur la question de la vitesse limitée à 80km\/h sur les routes secondaires sans pour autant se résigner à abandonner cette mesure.

C’était lundi matin, lors de la présentation du compte rendu du grand débat national. Le Premier ministre s'est dit prêt à "composer avec l'incompréhension ou le rejet de nos concitoyens" sur la mesure de la limitation à 80km/h, sans pour autant se "résigner à abandonner cette ambition en matière de sécurité routière".

"Il y a 90% des gens qui sont contre"

"Je voulais sauver des vies, on m’a accusé de vouloir remplir les caisses de l’Etat", regrette le chef du gouvernement, ouvrant la voie à un aménagement de la mesure. Tout comme l'avait fait Emmanuel Macron en janvier.

Pour les opposants à cette mesure, c'est un aveu d'échec un peu tardif du gouvernement. Neuf mois après l’entrée en vigueur de la limitation de vitesse à 80km/h, "il était temps", selon Michel Raison, sénateur Les Républicains de Haute-Saône. Temps que le gouvernement reconnaisse son erreur: "Ce ne sont pas des excités qui sont contre. C’est tout le monde. Il y a 90% des gens qui sont contre. On est arrivé à un système complètement contre-productif".

"Il faut maintenant que le gouvernement prenne une décision d'apaisement"

Le Sénateur a fait voter un amendement il y a quelques jours. Amendement qui donne compétence aux préfets et aux présidents des conseils départementaux pour décider de la vitesse autorisée. Parmi eux, François Durovray, il dirige le département de l’Essonne.

"Dès le départ, j’ai indiqué que c’était aux préfets et aux présidents de chacun des départements d’examiner la situation de chaque tronçon donc il faut maintenant que le gouvernement ne se trompe pas, écoute et prenne les décisions qui aillent dans une solution d’apaisement et de bon sens".

L’amendement voté au Sénat doit encore être adopté par le Parlement. Et certains députés de la majorité appellent à la concertation. Les élus LREM ne cachent plus leur réticence face à cette limitation à 80km/h. Signe que le vent a tourné au gouvernement.

Pierrick Bonno (avec Caroline Petit)