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Le Sénat veut s'attaquer aux tarifs autoroutiers

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Dans un rapport, plusieurs Sénateurs estiment que les exploitants des autoroutes devraient enregistrer de grands bénéfices d'ici deux ans. Ils veulent les obliger à réduire la note pour les automobilistes.

C'est devenu un rituel des vacances, certains l'utilisent même pour aller travailler : le passage au péage sur les autoroutes. Il fait monter l'addition sur nos trajets en voiture... Et bien certains sénateurs veulent s'y attaquer.

Dans un rapport, une commission d'enquête veut organiser "La Défense des autoroutes", sur le modèle du Grenelle de l'environnement, pour un rééquilibrer les contrats des groupes privés (ils sont trois à se partager les concessions des 9.000 kilomètres d'autoroute en France). Car pour cette commission, l'enrichissement de ces groupes privés est démesuré.

Et ce qui est certain, c'est que le péage est loin d'être apprécié par les automobilistes : "C'est assez cher", déplore une automobiliste sur RMC. "Je fais toujours du co-voiturage pour faire baisser la note", assure un autre. "Quand je fais Dax-Paris, c'est 100 euros", explique une dernière.

"On a au moins 10 ans de sur-rentabilité"

Depuis 2006, les autoroutes sont gérées par des groupes privés qui rentabilisent leur investissement grâce aux péages. Mais d’ici 2 ans, ce ne seront plus que des bénéfices, explique Vincent Delahaye, vice-président du Sénat et rapporteur de la commission d'enquête sur les autoroutes : "Ils auront atteint la rentabilité qu'ils attendaient sur l'ensemble de la durée du contrat en 2022. Et comme les contrats durent parfois jusqu'à 30 ans, on a au moins 10 ans de sur-rentabilité, cela veut dire qu'on dépasse la rentabilité prévue initialement"

Des bénéfices complémentaires estimés à 40 milliards d'euros pour ces groupes privés. Et qui permettrait largement de faire une ristourne aux automobilistes : "Nous souhaitons une baisse des tarifs pour l'utilisation de véhicules plus propres et pour les personnes obligées d'utiliser leur voiture et les autoroutes pour se rendre au travail". Le rapport préconise également que cet argent soit réinvesti dans le développement de nouveaux modes de transports, plus propres.

Camille Schmitt (avec Guillaume Dussourt)