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Les fonctionnaires ont-ils raison de faire grève? Ça fait débat sur RMC

Les fonctionnaires dans la rue ce jeudi. 140 manifestations sont prévues un peu partout en France. Ont-ils raison de faire grève? La question fait débat ce matin.

Les fonctionnaires défilent ce jeudi contre la réforme de la fonction publique et pour la défense de leur pouvoir d'achat. Les infirmiers, les contrôleurs aériens et les enseignants veulent faire mieux que la précédente mobilisation d'octobre, qui avait réuni un peu plus de 200.000 manifestants dans toute la France.

Marine est professeur d'histoire-géo en Seine-Saint-Denis, et elle espère que le gouvernement entendra leur inquiétude: "Pour se faire entendre, il faut descendre dans la rue et montrer qu'on est mobilisés, montrer qu'on est là pour nos élèves et pour les conditions de travail des enseignants. Le discours est toujours le même, on nous dit que nous sommes des feignasses, qu'on est tout le temps en vacances, on aimerait un peu plus de reconnaissance et un peu plus de pouvoir d'achat. On fait partie des enseignants les moins bien payés d'Europe. On a espoir, si on se bat, c'est qu'on a encore espoir".

Deux syndicats absents de la mobilisation

Le gouvernement souhaite favoriser le recours aux contractuels, la rémunération au mérite, accroitre la mobilité vers le privé et mettre en place un plan de départs volontaires. Inacceptable pour les sept syndicats qui ont appelé à la grève. L'objectif est de montrer les muscles, de mettre la pression avant l'ouverture des concertations sur la réforme de la fonction publique. Deux syndicats sont absents de cette mobilisation: la CFDT et l'Unsa, qui considèrent que manifester avant de discuter est contre-productif.

Le député UDI Charles de Courson est de leur avis: "S'ils veulent faire grève, ils font grève, ce n'est pas un problème, je pense que ce serait mieux de commencer par discuter. De dire 'on ne bouge pas, on reste dans le statut tel quel', ça ne me paraît pas raisonnable. On a assoupli le droit du travail des salariés du privé, il est logique de le faire sur les trois fonctions publiques. On ne peut pas dire qu'il faut assouplir le droit du travail pour les uns et pas pour les autres".

Trois mois de grève par intermittence pour les cheminots

Pour les cheminots, le calendrier est différent puisque la concertation a commencé au début du mois mais elle n'avance pas. Les syndicats qui appellent à 3 mois de grève par intermittence pour peser dans les discussions, quitter à se mettre les usagers à dos.

Yohan Drélich, militant à la CFDT Cheminots en Rhône-Alpes assume:

"Il faut se mobiliser, il faut que ça bouge, il n'est pas question d'accepter la réforme en l'état. Donc on a jusque au mois de juin pour faire entendre raison au gouvernement et on pourra lui faire entendre raison par une mobilisation massive. Il ne faut pas écouter ce que peuvent dire les ministres ou le président de la République. Certes ils sont décidés à aller jusqu'au bout, je doute qu'Alain Juppé avait décidé de s'arrêter en cours de route en 1995".

La mobilisation des fonctionnaires est plutôt bien perçue par les Français. Selon un sondage Elabe-Opinion Way pour RMC et BFMTV, 48% des Français la soutiennent, 38% y sont opposés et 13% se montrent indifférents.

Victor Joanin (avec P.B.)