RMC

Les routiers, laissés pour compte de la règlementation sur le travail détaché: "On est en souffrance"

Les routiers sont appelés à bloquer plusieurs accès aux frontières ce mardi matin pour protester contre l'exclusion du transport routier de la nouvelle directive européenne sur le travail détaché. Une injustice, selon les responsables syndicaux interrogés par RMC.

C'est un secteur parmi les plus touchés par le travail détaché, et pourtant il ne bénéficie pas des accords européens pour le règlementer. Pour lutter contre la fraude et la concurrence déloyale qu'elle peut entrainer, les européens se sont mis d'accord il y a un mois sur des règles plus strictes mais en raison du blocage de plusieurs pays de l'Est, le transport n'est pas concerné. Ce que conteste les routiers qui se mobilisent aux abords des frontières ce mardi matin, notamment au niveau du tunnel de Fréjus, en Savoie.

"Il n'est pas normal que le carreleur, le maçon, ou le plombier soit soumis aux règles européennes et que le transport de marchandises ne puisse pas être soumis aux même règles que les gens du bâtiment ou autre", s'insurge Stéphan Pouget, secrétaire général de la CDFT Transports dans le département de la Haute-Garonne. "Quand les chauffeurs des pays de l'Est viennent sur notre territoire, il faudrait qu'ils puissent avoir les mêmes conditions de travail, parce que c'est de la concurrence déloyale. Pourquoi on ne s'occuperait pas du transport routier au niveau européen? Je compte sur le président de la République pour faire quelque chose rapidement parce qu'aujourd'hui le métier est en souffrance".

"Des dizaines de milliers de chauffeurs sous-payés et exploités"

D'autant que le nombre de travailleurs détachés, tout secteur confondus, continue de progresser (+23,8% l'an dernier), pour atteindre le total de 354.151 salariés, selon des chiffres de la Direction générale du Travail. Ce que constate Pascal Favre, secrétaire général du syndicat FO Transports en Gironde. "Aujourd'hui on a des dizaines de milliers de chauffeurs sous-payés et exploités qui parcourt tous les jours les routes européennes, en France comme ailleurs. Nous voulons une vraie réglementation, qui soit la même au niveau européen. Concrètement: à travail égal, salaire égal au même endroit. Tout simplement. Il faut lutter contre ce système complétement inégal et qui divise les pays entre eux. Il faut vraiment avoir une égalité de salaire et de couverture social pour tous les salariés du transport en Europe".

P. G. avec la rédaction