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Malgré cinq milliards d'euros de prêt de l'Etat, Renault envisagerait de fermer plusieurs usines en France

L'usine de Flins, qui emploie 2600 personnes, pourrait être partiellement concernée. D'autres sites plus petits pourraient être eux complètement fermés.

Le constructeur automobile français Renault envisagerait de fermer plusieurs sites en France, dans le cadre d'un vaste plan d'économie qui doit être annoncé la semaine prochaine. Le groupe au losange doit dévoiler le 29 mai les contours d'un vaste plan d'économie de 2 milliards d'euros annoncé en février, révélé par Le Canard Enchaîné et Les Echos.

Malgré les promesses de l'Etat français, premier actionnaire de Renault avec 15% du capital, qui prévoit un prêt bancaire d'environ 5 milliards d'euros pour le constructeur, la marque prévoit de fermer de "petites" usines en France : Choisy-le-Roi, Dieppe et les Fonderies de Bretagne, pour commencer. Celle de Flins (2600 salariés) viendrait plus tard.

"Les usines sont surdimensionnées"

Il faut dire que cette usine de Flins est emblématique : inaugurée en 1952, elle emploie aujourd'hui 2600 personnes. Difficile de la fermer complètement alors une piste semble privilégiée : l'arrêt de la production automobile pour consacrer le site à une autre activité. Le contexte économique est là, Renault souffre. Alors que peut faire l'Etat pour éviter les licenciements ? En réalité pas grand-chose.

"Interdisez à Renault de licencier et dans deux ans, le constructeur n'existera plus", explique un expert. "Les usines sont surdimensionnées", avance un autre. Celle de Dieppe par exemple, assemble l'Alpine A110, un modèle sportif finalement très peu vendu. La cadence de production a d'ailleurs été réduite à 7 véhicules par jour en début d'année. Pour finir, le prêt garanti par l'Etat de 5 milliards d'euros ne protège pas les salariés, puisqu'il n'implique pas de renoncer à des suppressions d'emplois.

"Je vous avoue ma surprise. Dans le contexte qui est le notre, je ne comprend pas ce style d'annonces", assure ce mercredi sur RMC Franck Daout, délégué central CFDT Renault. "On a demandé un rendez-vous avec les services du ministère de l'Economie pour une explication précise. On doit également rencontrer la direction", ajoute-t-il.
Remi Ink (avec Guillaume Dussourt)