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Menaces de blocages de raffineries, crise en Iran: faut-il s'inquiéter pour faire le plein d'essence?

Le président de l'Union française des industries pétrolières se veut rassurant ce lundi sur RMC concernant la situation des raffineries françaises, et estime qu'il n'y a pas de risque de pénurie, mais concède que les prix vont légèrement augmenter en raison de la crise au Moyen Orient.

Une petite centaine de stations-service sur 11.000 ont connu ces derniers jours des soucis d'approvisionnement. Mais pas de quoi s'inquiéter pour autant malgré les menaces de blocages selon Francis Duseux, président de l’union française des industries pétrolières (UFIP). D'autant que les raffineries ont toujours continué à fonctionner depuis le 5 décembre, et qu'il n'y a eu que deux dépôts bloqués sur 200.

"On n’arrête pas une raffinerie comme ça en appuyant sur un bouton", rappelle-t-il ce lundi sur RMC. "C’est extrêmement complexe. Ca peut être très dangereux, on peut casser les installations, on peut avoir des feux, des explosions. J’ai toujours vu les opérateurs pétroliers très responsables. C’est leur outil de travail. En général ce sont des compromis, on peut baisser les débits ou arrêter temporairement les chargements. Mais ce n’est jamais extrême au point d’arrêter les sept raffineries en France. Je n’y crois pas du tout."

"Il y a dix ans il n'y avait eu qu'une raffinerie sur sept qui tournait, c'était beaucoup plus dur! Et on a quand même tenu"

La France possède trois mois de stocks stratégiques en cas de pénurie, mais il est également possible d’importer de l’étranger rappelle Francis Duseux. Ca a déjà été fait lors du mouvement social contre une réforme des retraites sous Nicolas Sarkozy.

"Il n’y avait qu’une seule raffinerie qui tournait. Toutes les autres étaient à l’arrêt. il y avait eu trois semaines de grève dans le port de Marseille. C’était beaucoup plus dur que maintenant ! On avait quand même tenu le coup en faisant venir des camions d’Allemagne etc. Car on a une logistique extraordinaire également avec la mer (et nos frontières terrestres)."

"Les délégués CGT cherchent à envoyer les gens à la pompe"

Pas besoin donc de se précipiter dans les stations-service. La population provoque en effet elle-même la pénurie en cas d’effet de panique. Francis Duseux estime que les délégués syndicaux, qui se voulaient très alarmistes sur notre antenne durant le mois de décembre, joue sur cette peur.

"Il y a un jeu de communication mais je crois que les délégués CGT cherchent à envoyer les gens à la pompe ! Et alors dans ce cas on multiplie par trois ou quatre la demande, et là, notre logistique n’est pas organisée pour faire face à cela. Mais jusqu’à maintenant ça n’a pas marché."

Crise en Iran: les prix vont augmenter

En revanche, mauvaise nouvelle pour les automobilistes, la crise dans la zone irano-irakienne devrait conduire à une hausse des prix automatique vu que le baril de pétrole brut est passé très rapidement de 60 à 70 dollars.

"Le prix était stable depuis un moment. Là on s'est pris dix dollars en quelques jours. J'ai vu déjà ce weekend à la pompe (une hausse) de 7-8 centimes. En gros sur un coût à 1,50 €, il y a 1 € de taxes et 50 € sur la matière première. Quand la matière première augmente de 10-12%, le prix à la pompe augmente logiquement de 6-7 centimes par litre."
James Abbott