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Mobilisation contre la réforme des retraites: comment les grévistes s'organisent pour tenir financièrement

Les syndicats veulent maintenir la pression et promettent de rester mobilisés contre la réforme des retraites. Alors, pour être sûr de tenir financièrement aussi longtemps que possible, les militants s’organisent.

Continuer oui, mais comment tenir financièrement? Pour aller jusqu’au bout de leurs convictions, sans que leurs finances en pâtissent, les grévistes sont particulièrement organisés.

"On préfère perdre un peu d’argent maintenant que d’en perdre plein plus tard"

Pour compenser les journées non rémunérées, certains grévistes comptent sur leur 13e mois ou une prime de fin d'année. D'autres, jouent la carte de la solidarité avec des cagnottes en ligne ou plus artisanales, comme celle de Mathias, professeur d'Histoire-Géographie à Givors. 

"C’est une petite boîte en salle des profs, on met un petit billet de 10 ou 20 euros par jour, c’est l’idée. C’est essentiellement pour les surveillants, les contractuels ou pour ceux qui ont un contrat encore plus précaire que nous. On préfère perdre un peu d’argent maintenant que d’en perdre plein plus tard".

Cette grève était prévue depuis deux mois, ce qui a permis aux uns et aux autres de s'organiser. Mohammed, intérimaire dans la Marne, a épargné pour pouvoir tenir: "J’ai dû mettre environ 800 euros de côté sur les derniers mois. J’essaye d’économiser au maximum. J’ai prévenu ma femme, on fera attention sur certaines dépenses. En tout cas, je suis déterminé pour que ça dure le plus longtemps possible".

"C'est un outil de combat pour nous"

Les syndicats, de leur côté, ont un système de "caisse nationale". L'argent est ensuite réparti entre les grévistes. La CFDT évalue ses réserves à plus de 132 millions d'euros. À la CGT, on évoque une caisse de 140.000 euros et les dons affluent pour soutenir les grévistes, selon Romain Altmann membre du syndicat.

"Plus on pourra mettre de côté, plus ça permettra de tenir, c’est un outil de combat pour nous, pour tenir le plus longtemps possible et surtout le plus nombreux possible. Parce qu’il faut rappeler c’est que l’important dans cette affaire c’est de bloquer des secteurs stratégiques de l’économie mais aussi d’inviter les salariés à essayer le plus possible d’être en mouvement contre ce projet de réforme".

Tous les salariés peuvent obtenir un coup de pouce financier, qu'ils soient affiliés ou non à la CGT. À condition de cumuler deux journées de grève.

Caroline Philippe avec Gwenael Windrestin et Victor Joanin (C.P.)