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"On est en train de perdre nos avantages et garder les contraintes": les agents RATP inquiets de la réforme des retraites

Dans la future réforme des retraites, les 42 régimes de retraites actuels seront remplacés par un régime unique. Ce qui inquiète déjà les salariés à la RATP.

Les agents de la RATP sont prêts au combat et l'ont déjà annoncé: ils veulent conserver leurs avantages. Dans leur viseur, la future réforme des retraites, piloté par le Haut-Commissaire Jean-Paul Delevoye qui a dévoilé les grandes lignes ce jeudi matin aux partenaires sociaux et à Edouard Philippe. 

"On avait des contraintes, on le savait quand on a signé notre contrat de travail"

Cela fait 27 ans que Franck Nivel parcourt l'Ile-de-France depuis sa cabine de pilotage. Pour son départ en retraite, deux solutions lui sont envisagées: soit à 52 ans ou attendre 60 ans s'il veut une pension complète. Mais la réforme des retraites devrait faire disparaître ses avantages afin d'entrer dans un nouveau système universel qui se mettra en place à partir de 2025.

"On avait des contraintes, on le savait quand on a signé notre contrat de travail. On avait des avantages aussi. Le problème, c'est qu'on est en train de perdre nos avantages aujourd'hui et on garde les contraintes: travailler les dimanches, les jours fériés..." reconnait Franck Nivel.

Pour conserver un départ anticipé, Franck Nivel s'appuie sur une liste de contraintes du métier au quotidien: "Un conducteur de RER, ça commence à 4h15 le matin et ça finit à 1h30/1h45. Ce sont des grosses contraintes pour la vie de famille. Le travail dans le tunnel est assez pénible aussi. On respire de l'air qui n'est pas forcément très bon". 

"Ca sera une grosse perte financière sur les retraites"

A la RATP, le futur mode de calcul des pensions de retraites risque de ne faire que des perdants puisque l'ensemble de la carrière sera pris en compte, et non plus les six derniers mois comme c'est le cas aujourd'hui: "On touche le plus en fin de carrière. Donc, ça sera une grosse perte financière sur les retraites et donc il est hors de question, pour nous, d'accepter de telles conditions. Ce n'est pas possible". 

Franck Nivel, également délégué à l'UNSA, prévoit déjà une journée de grève à la rentrée, le 13 septembre, avec quatre autres syndicats.

Victor Joanin avec Julien Vattaire