RMC

"On pourrait nous mettre un curseur": faut-il limiter les trajets en avion par an et par personne?

Pour raisons environnementales, l'avion est déjà banni des trajets nationaux en France qui peuvent s'effectuer en train et en un minimum de temps. Mais certains appellent à être raisonnables et à limiter son utilisation.

Un appel à la sobriété. Le PDG d’Aéroports de Paris (ADP) Augustin de Romanet a invité mardi à être "plus raisonnable dans le voyage aérien" et accepter une "certaine modération" en limitant les voyages en avion, tant que l’avion "n’aura pas fait sa période de transition". Augustin de Romanet estime que l’aviation, d’ici 30 ans, pourrait être plus propre en étant propulsée par des moteurs électriques, à l’hydrogène ou avec des carburants plus verts.

Privilégier le train à l'avion, c'est déjà ce qui se fait en France sur les trajets qui le permettent, mais certaines voix appellent plus généralement à limiter drastiquement les voyages à l'étranger en avion.

"Il faut aussi éviter l’avion notamment le jet privé pour des réunions qui peuvent se faire en visio par exemple", plaide Marie-Anne Soubré. L'avocate évoque également l’éventuelle mise en place d’un quota de voyage pour limiter le nombre de déplacements en avion par personne chaque année: "Cela ne serait pas forcément un impératif mais pourrait nous mettre un curseur. Il faut que l’on soit responsables", appelle-t-elle.

Mais pour l'ancien ministre des Transports Jean-Baptiste Djebbari, "se déplacer est une liberté fondamentale", "Quand il faut faire Paris-Bordeaux en TGV, les gens le font, ils sont responsables", ajoute-t-il.

Problèmes de prix

Problème, pour le même trajet, les trains sont souvent plus chers que les voyages en avion: "Ma femme est anglaise, j'habite Lyon. J'ai voulu aller la voir récemment, c'était plus de 297 euros en train Lyon-Londres avec un changement à Paris, en 6h30. En avion, c'était 77 euros en 1h30", raconte Victor, un auditeur du Rhône.

Pour Olivier, Martiniquais qui vit à Bordeaux, prendre l'avion est une nécessité pour voir sa famille. Mais ses visites en Martinique sont désormais très compliquées: "On a supprimé la navette Paris-Bordeaux (qui reliait l'aéroport de Bordeaux à l'aéroport d'Orly, ndlr). On me propose donc un billet d'avion pour aller à Charles-de-Gaulle. À Charles-de-Gaulle on me dit de me démerder pour aller à Orly (d'où partent et arrivent les avions pour les Antilles, ndlr), et à Orly, l'avion est le lendemain!", déplore-t-il.

"Toute activité est polluante", résume Olivier Truchot. "Voyager, cela permet de s’ouvrir l’esprit mais aussi de vendre des choses. On ne peut pas tout faire en zoom. Parfois il faut voir l’interlocuteur. Bien sûr qu’il y a des abus, mais cela ne représente pas grand-chose", croit-il savoir. "C'est grâce à ces voyages qu’on peut aller voir ailleurs, s’apercevoir que la France ce n’est pas si mal et qu’on n’est pas en dictature", conclu l'animateur.

G.D.