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Pendant la grève, ce patron loge ses employés dans un Airbnb

La grève perturbe le quotidien de nombreux travailleurs, notamment en Île-de-France. Certains artisans sont même contraints de mettre la main à la poche pour que leur personnel puisse se rendre au travail sans soucis.

Avec la grève, les retards sont fréquents pour les travailleurs. Parfois des absences pour ceux qui restent bloqués en gare ou qui ne parviennent pas à monter dans les trains bondés. Les employeurs sont compréhensifs, mais ils ne peuvent pas dans certains secteurs se passer de la présence de leurs salariés.

Alors pour garantir leur activité, certains patrons vont jusqu'à louer des logements à côté de leur entreprise pour être sûr que tout le monde soit présent.

C'est le cas du dirigeant des salons de coiffure "Alvarez" à Paris. Il a 2 affaires dans Paris et emploie 49 salariés. Et depuis le début de la grève, il a décidé de louer des appartements sur "AirBnB". Une vingtaine de salariés est hébergée chaque semaine depuis le 5 décembre.

Avantages et inconvénients

Dans le grand appartement loué par leur patron, Rachel et David se prépare discrètement. Les autres dorment. Avant la grève, ils n'avaient pas imaginé qu'ils se retrouveraient un jour en chaussons à se brosser les dents ou faire la vaisselle ensemble.

"C'est la colloc ! On connaît le caractère de chacun, on est à côté du travail. Mais ce n'est pas comme à la maison, c'est super long, on attend que ça se termine avec impatience"

A 9 heures. C'est le moment de se mettre en marche pour le salon de coiffure. Seulement 10 minutes sans galère de transports. Un gain de temps mais quelques inconvénients :

"C'est pratique pour le travail mais la vie de couple c'est compliqué, on ne se retrouve que le week-end comme des adolescents"

Limiter la casse

Un sacrifice pour arriver à l'heure au travail. Leur patron Jean-Fernand Alvarez loge vingt employés dans 2 appartements. C'est plus de 5.000 euros dépensés depuis le début de la grève.

"Si on voulait assurer et limiter la casse on n'était obligés de le faire"

Sauf que les clients, eux, ne sont pas au rendez-vous faute de moyens de transports.

"On a 40% de notre clientèle qui est extérieure au quartier et cette clientèle on la voit se décaler tous les jours. Ce matin on a eu 10 désistements, ce qui fait qu'on a des collaborateurs qui ne vont rien faire pendant 3 ou 4 heures. En temps normal chez nous ça n'arrive jamais"

Il n'aura pas assez de place pour coiffer tous les clients qui décalent leur rendez-vous à ce week-end ou juste avant Noël et prévoit une perte d'au moins 20% de chiffre d'affaires.

Nicolas Traino (avec J.A.)