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Réforme de la SNCF: comment prend-t-on le train ailleurs, là où la concurrence existe déjà?

Edouard Philippe doit présenter ce lundi les grandes lignes de la réforme de la SNCF.  Comment se porte le rail chez nos voisins étrangers, là où la concurrence existe déjà? Reportage en Grande-Bretagne.

Le dossier est brûlant, il pourrait rapidement devenir explosif. Le gouvernement lance lundi matin sa réforme de la SNCF. Le Premier ministre, Edouard Philippe, doit dévoiler sa feuille de route. Au coeur de cette réforme: l'ouverture à la concurrence.

A partir de 2020, les TGV affronteront ainsi celle des compagnies étrangères jusque sur les lignes françaises. Certains de nos voisins ont déjà sauté le pas. En Grande-Bretagne, le transport ferroviaire est privatisé depuis 1994. Mais pour quel résultat ? 

D'abord, deux points positifs: plus de trajets et plus de passagers. Leur nombre a doublé en vingt ans. Mais Rose, retraitée, qui attend son train pour Huntingdon à la gare de King’s Cross, en plein Londres, pointe un gros inconvénient: "C'est cher! Si je dois me rendre à Édimbourg, en Ecosse, ou un autre endroit éloigné, c'est vraiment meilleur marché d'y aller en avion".

"Au final, c'est très décevant"

Depuis l’ouverture à la concurrence, il y a 14 ans, les tarifs ont en effet bondi de plus 25%. Selon John Stittle, professeur à l’école de commerce d’Essex, cela s'explique pour une raison simple: "Les services ferroviaires sont devenues plus chers, les tarifs grimpent plus vite que l'inflation, l'industrie est très coûteuse. Résultat: l'Etat doit subventionner plus qu'avant. Au final, c'est très décevant".

L’Etat britannique finance toujours les rails et sa dette se creuse: 60 milliards d’euros. C'est plus qu’en France. Ici, les voies sont en réalité "découpées" en franchises. La vraie concurrence est impossible selon l’historien du rail, Christian Wolmar: "Les passagers veulent un billet qui va de Londres à Leeds ou à Manchester et pas un billet qui est limité à seulement un train d'un concurrent. On a découvert qu'avoir la concurrence sur les rails ne marche pas". 

Le parti travailliste souhaite re-nationaliser les chemins de fer. Une mesure réclamée par une majorité de britannique selon les sondages.

Soizic Michaut et X.A