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Routiers détachés et routiers français désormais soumis aux mêmes règles: "Il faudra des contrôles"

Les routiers travailleurs détachés sont désormais soumis aux mêmes règles en France que les routiers français.

Les routiers travailleurs détachés sont désormais soumis aux mêmes règles en France que les routiers français. - Marcel Mochet - AFP

A partir de ce vendredi 1er juillet, les routiers étrangers "détachés" vont devoir suivre les mêmes règles que les Français sur les conditions de travail. Une nouvelle qui soulage les routiers français qui espèrent que des contrôles seront appliqués.

Les routiers européens, travailleurs détachés ont désormais les mêmes conditions de travail que les routiers français. Jusqu'à présent, ces routiers, salariés d'un Etat membre de l'Union européenne mais envoyé en France pour y effectuer des missions se voyait appliquer la législation de son pays d'origine. Une situation qui conduisait à une concurrence déloyale aux yeux des routiers français. Pour Patrice Clos, secrétaire général de la Fédération des Transports-Force ouvrière, ces nouvelles règles qui découlent de l'application de la loi Macron sont indispensables.

"On n'avait aucune règle, c'était l'anarchie la plus complète. On avait des salariés qui étaient rémunérés entre 250 et 450 euros par mois. Pour nous c'est une bonne nouvelle, c'est une avancée. Enfin un pays qui ose s'attaque au libéralisme le plus sauvage, tel que l'on connaît dans le monde de la route", salue le syndicaliste. 

"Est-ce qu'on aura les moyens de nos ambitions?"

Désormais, ces conducteurs ont l'obligation d'emporter avec eux leur contrat de travail et une attestation de détachement. Dès lors qu'ils effectuent des trajets ayant pour destination ou provenance la France, ils sont soumis au droit français. Le Smic, le temps de repos obligatoire doivent notamment s'appliquer à eux. Ces règles ne concernent toutefois pas les routiers en transit. Patrice Clos s'inquiète malgré tout de la mise en oeuvre de ces mesures.

"Est-ce qu'on a les moyens de nos ambitions? Je ne le pense pas puisqu'il faudra avoir pas mal de contrôles et notamment le week-end, pour vérifier que les conducteurs dorment bien à l'hôtel plutôt que dans la cabine du camion", note-t-il. 

Par ailleurs, la mise en place de ces mesures n'est pas au goût des pays concernés qui y voient un manque à gagner pour leurs entreprises et une atteinte à la libre concurrence. Une dizaine d'entre eux et notamment la Pologne est montée au créneau pour dénoncer le protectionnisme français. La Commission européenne a lancé une procédure d'infraction contre la France, qui a désormais deux mois pour se justifier. 

Carole Blanchard avec Romain Cluzel