RMC

SNCF: "Les cheminots sont prêts à exploser" confie un gréviste

Sans déposer de préavis, 200 des 700 salariés se sont mis en grève au technicentre de Châtillon, causant de nombreux problèmes sur la ligne Atlantique de la SNCF. Des dizaines d'entre-eux sont allés manifester devant le siège de la SNCF mardi et témoignent de la colère des agents.

La colère froide du Technicentre SNCF de Châtillon reste intacte. Mardi après-midi, plusieurs dizaines de cheminots de Châtillon (Hauts-de-Seine) et d'ailleurs se sont rendus devant le siège de la SNCF à Saint-Denis. Ils souhaitaient "demander des comptes" à la direction. Ils n'ont pas été reçus. 200 agents du Technicentre sont en grève depuis le 21 octobre et impactent l'axe atlantique du réseau ferroviaire.

Faute d’entretien, la SNCF est en effet contrainte de laisser les rames au garage. Aujourd'hui encore, seul un TGV sur trois circulera. Et de jeudi à dimanche, 8 TGV sur 10.

"Vous refusez de recevoir vos agents, ce n'est pas sérieux!"

Ce mouvement de Châtillon, fait suite au droit de retrait la semaine dernière qui avait sérieusement perturbé le trafic. La colère des cheminots, qui se fera entendre encore dans les semaines qui viennent, notamment avec la privatisation de l'entreprise et évidemment la réforme des retraites et de leur statut.

Au rassemblement devant le siège de la SNCF à Saint Denis, les agents en grève à Châtillon ont donc demandé à être reçus, en vain: "Vous refusez de recevoir vos agents, ce n'est pas sérieux, vous portez la responsabilité du conflit", a lancé un représentant des grévistes à une représentante de la direction.

"C'est vraiment un ras-le-bol qui a explosé. Ca nous envoie un signal fort pour le 5 décembre"

Face à face stérile donc. Parmi la cinquantaine de salariés, Elvis, agent de maintenance à Châtillon.

"Ce qu'on vit là-bas c'est partout à la SNCF pareil. J'espère que ce qu'on a fait servira à tous les collègues. Les raisons de la colère sont là, partout."

Et autour de ces grévistes, d'autres cheminots, venus parfois de loin et qui affirment que les agents SNCF pense déjà à la mobilisation contre la réforme des retraites, Clément est venu de Lyon.

"C'est vraiment un ras-le-bol qui a explosé. Ca nous envoie un signal fort pour le 5 décembre. Le droit de retrait est devenu viral dans toute la France, les gens sont pressurisés et prêts à exploser."

Et le 5 décembre ne pourrait être que le début, les trois syndicats majoritaires ont déjà déposé des préavis de grève reconductible.

Thomas Chupin et Juliette Pietraszewski (avec J.A.)